Présidentielle 2022 : Emmanuel Macron contre l’interdiction du voile dans la rue souhaitée par Marine Le Pen

DEBAT Le chef de l'Etat a estimé qu'une telle mesure diviserait  le pays

20 Minutes avec AFP
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Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont participé l'un après l'autre à l'émission «Dix minutes pour convaincre» de TF1 le 6 avril 2022.
Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont participé l'un après l'autre à l'émission «Dix minutes pour convaincre» de TF1 le 6 avril 2022. — AFP (photomontage «20 MINUTES»)

Ça y est, la campagne du 1er tour est terminée. Emmanuel Macron a dénoncé vendredi la proposition de Marine le Pen d’interdire le voile dans la rue, mesure qui pour lui « diviserait le pays », mais a souhaité en revanche que des femmes « tombent le voile d’elles-mêmes ».

« On avait oublié ce qu’elle (Mme le Pen) était vraiment. Elle est pour diviser le pays et sortir des millions de femmes et d’hommes en disant : vous n’avez rien à faire chez nous », a-t-il dit sur le média en ligne Brut, à deux jours du premier tour de la présidentielle. « Ce n’est pas ça la France ». « L’Etat » ne combat pas « la religion, c’est pourquoi » il n’y a pas d’interdiction d’une religion et de ses signes dans l’espace public".

Contre la « Constitution »

Si la candidate d’extrême droite Marine Le Pen interdit le voile, de par notre Constitution, elle va devoir interdire la kippa, elle va devoir interdire la croix, elle va devoir interdire les autres signes religieux «, s’est-il écrié. » Ce que défend Madame Le Pen, ça n’est pas notre histoire, ça n’est pas la République, ça n’est même pas notre Constitution".

Il a aussi estimé qu’il fallait autoriser les mères qui accompagnent les sorties scolaires à porter le voile, « parce que sinon, elle sortent leur enfant de l’école publique ».

« Mais je voudrais que ces femmes décident un moment de tomber le voile », a-t-il ajouté, citant le cas d’élèves post-bac de Clichy-sous-Bois, où son épouse a créé une école pour jeunes adultes sans formation.

Stigmatisation

« Ces jeunes femmes ont été à ces cours (…) et se sont dit : ma liberté, c’est de le tomber », a-t-il raconté. « Je ne suis pas contre le voile, mais quand elles font ce choix, c’est ça la République », s’est-il félicité. « Peut-être qu’elles le remettent » mais « quelque chose s’est passé, une ouverture de conscience », a-t-il estimé, ajoutant que « quand on stigmatise les gens, ils le revendiquent ».

A l’opposé du discours du candidat d’extrême droite Eric Zemmour, il s’est prononcé en faveur de « l’intégration plutôt que l’assimilation » des immigrés. « La loi française parle d’assimilation, qui dit que vous arrivez d’un autre pays, vous voulez devenir Français et donc vous êtes assimilés, complètement digéré. Moi je préfère le concept d’intégration », a-t-il dit.

« Ce qui veut dire que quand on rentre en France, on épouse sa langue, sa culture, son histoire, ses valeurs ». Mais « on arrive avec son histoire et je pense que notre République et notre pays doivent respecter cette histoire et considérer que c’est aussi une richesse ».

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