Affaire McKinsey : Une enquête ouverte depuis le 31 mars pour blanchiment aggravé de fraude fiscale par le PNF

SCANDALE Le PNF s'appuie sur le rapport de la commission d'enquête du Sénat, selon lequel McKinsey n'aurait pas payé d'impôt sur les sociétés entre 2011 et 2020

X.R. avec AFP
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Jean-François Bohnert, à la tête du parquet national financier.
Jean-François Bohnert, à la tête du parquet national financier. — JOEL SAGET / AFP

Si Emmanuel Macron a réussi à limiter les éclaboussures sur sa campagne, le scandale McKinsey continue de prendre de l’ampleur. Car au pavé dans la mare politique s’ajoute désormais une affaire judiciaire. Le Parquet national financier (PNF) indique en effet dans un communiqué avoir ouvert le 31 mars une enquête préliminaire pour blanchiment aggravé de fraude fiscale à l’encontre du cabinet de conseil. La justice s’appuie sur le rapport de la commission d’enquête du Sénat, accusant les entités françaises du cabinet McKinsey d’optimisation fiscale, de telle sorte qu’elles n’auraient versé aucun impôt sur les sociétés entre 2011 et 2020.

Dans ce rapport remis le 16 mars, la commission d’enquête du Sénat, initiée par le petit groupe CRCE à majorité communiste, assurait que les contrats conclus par l’État avec les cabinets de consultants comme McKinsey avaient « plus que doublé » entre 2018 et 2021, atteignant un montant record de plus d’un milliard d’euros en 2021. McKinsey avait affirmé respecter les règles fiscales françaises, précisant qu’une de ses filiales avait payé l’impôt sur les sociétés pendant six ans sur la période au cours de laquelle le Sénat l’accuse d’ optimisation fiscale.

« Que ça aille au pénal », c’est fait

L’enquête du PNF, ouverte après « des vérifications », a été confiée au Service d’enquêtes judiciaires des finances (SEJF), précise Jean-François Bohnert dans ce communiqué qui ne mentionne pas le nom de McKinsey. En pleine campagne présidentielle, les oppositions politiques au chef de l’Etat ont depuis demandé de manière répétée l’ouverture d’une enquête sur ce qu’elles considèrent comme du favoritisme dont la majorité macroniste ferait preuve au profit de ce cabinet de conseil, dont certains membres ont œuvré pour la campagne présidentielle 2017 d’Emmanuel Macron.

« S’il y a des preuves de manipulation, que ça aille au pénal », a rétorqué le dimanche 27 mars le chef de l’Etat à ceux qui lui reprochent ces nombreux contrats. Le PNF l’a donc entendu. Le président candidat estimait notamment que le non-paiement de l’impôt sur les sociétés par McKinsey s’expliquait par les règles fiscales en vigueur.

Dimanche, le chef de file des députés LREM, Christophe Castaner, dénonçait de son côté une « opération politique ». « Nous assumons. L’Etat a toujours eu recours à des cabinets de conseil depuis le début des années 2000. Valérie Pécresse a mis en œuvre la loi de réforme de l’université en s’appuyant sur des cabinets de conseil. A droite comme à gauche, ils dirigent des collectivités territoriales qui ont recours à eux », a affirmé le même jour le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt sur Radio J.