McKinsey : « Qu’ils aillent au pénal », s’agace Emmanuel Macron face à ses accusateurs

RIPOSTE « Aucun contrat n’est passé dans la République sans qu’il respecte la règle des marchés publics », a assuré le candidat

20 Minutes avec AFP
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Emmanuel Macron a répondu aux polémiques visant le recours aux cabinets de conseil par l'Etat.
Emmanuel Macron a répondu aux polémiques visant le recours aux cabinets de conseil par l'Etat. — Ludovic MARIN / AFP

Au terme d’une semaine de polémique, le candidat Emmanuel Macron a choisi de riposter. « S’il y a des preuves de manipulation, que ça aille au pénal », a lancé dimanche le président de la République à ceux qui lui reprochent les nombreux contrats passés par l’Etat avec des cabinets de consultants, en particulier McKinsey, révélés par le Sénat.

« On a l’impression qu’il y a des combines, c’est faux », a-t-il répondu avec agacement sur France 3. « Aucun contrat n’est passé dans la République sans qu’il respecte la règle des marchés publics », « que quiconque a la preuve qu’il y a manipulation mette le contrat en cause au pénal », a-t-il répété.

Des règles fiscales spécifiques

« Je ne suis pas persuadé que, sous ce quinquennat, il y ait eu moins de contrats que sous certains autres, y compris de ceux qui nous attaquent aujourd’hui », s’est-il défendu – voulant visiblement dire plus de contrats plutôt que moins. Pour lui, lorsque des ministères sont « jour et nuit au travail », « qu’ils demandent des prestataires extérieurs pour les aider ne me choque pas ».

Alors que McKinsey est en outre mis en cause par le Sénat pour ne pas avoir payé d’impôt sur les sociétés en France depuis des années, le président-candidat a estimé que cela s’expliquait par les règles fiscales en vigueur. Or « je me suis battu » pour instaurer un impôt minimal sur les grandes entreprises, a-t-il dit, « et dans quelques mois ces cas pourront être bannis ».

Doublement des contrats entre 2018 et 2021

Le Sénat a révélé le 17 mars que les contrats de l’Etat avec ces cabinets avaient « plus que doublé » entre 2018 et 2021, atteignant un record de plus d’un milliard d’euros en 2021. En outre, les sénateurs ont saisi vendredi la justice pour « suspicion de faux témoignage » contre un dirigeant de McKinsey qui a affirmé que son cabinet payait bien l’impôt sur les sociétés en France. Le sujet est politiquement sensible pour l’exécutif, accusé depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron de multiplier les contrats avec ces groupes privés de conseil, avec des contrats le plus souvent non divulgués au public.

Les Insoumis se sont ainsi saisis de l’affaire, dénonçant « un scandale d’Etat ». Les sénateurs ont cité des contrats comme celui de « près de 4 millions d’euros à McKinsey pour la réforme des APL », la création du « baromètre de l’action publique » pour laquelle Capgemini a perçu 3,12 millions d’euros ou le recours au cabinet EY, pour 2,4 millions d’euros, pour la création de l’Agence nationale de la cohésion des territoires. McKinsey a aussi obtenu 496.800 euros en 2020 pour « éclairer les évolutions du métier d’enseignant » et réalisé une étude sur leur rémunération au mérite.