L'ancien ministre François de Rugy va s'éloigner de la vie politique nationale

HOMARD M'A TUER Ancien ministre de la Transition écologique, François de Rugy annonce ne pas se représenter à son mandat de député de Loire-Atlantique. Il gardera toutefois son mandat de conseiller régional des Pays-de-la-Loire

F.B. et R.L.D (avec AFP)
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L'ancien ministre François de Rugy
L'ancien ministre François de Rugy — Loic VENANCE / AFP

L’ancien président de l’Assemblée nationale et ministre de la Transition écologique, François de Rugy, va prendre du recul avec la vie politique nationale, même s’il reste un soutien actif d’Emmanuel Macron, annonce-t-il vendredi dans un entretien à la revue Fondamental. « Il est sain dans une démocratie que les fonctions soient limitées dans le temps », justifie le député LREM de Loire-Atlantique, qui ne se représentera pas aux législatives de juin prochain, après trois mandats successifs.

Agé de 48 ans, Il entend désormais « agir dans la vie économique » voire « s’investir dans la vie citoyenne à travers une association ou un think tank ». Sollicité par 20 Minutes, François de Rugy précise qu'il conserve toutefois son mandat de conseiller régional des Pays-de-la-Loire, pour lequel il est élu jusqu'en 2028. « Je me suis présenté pour l'exercer, il n'est pas prévu que je renonce », assure-t-il.

Train de vie supposé fastueux, photos de homards et de champagne…

« J’aime toujours la politique et je n’en suis pas dégoûté même si j’ai payé cher et injustement mon engagement et l’exercice des responsabilités », explique le Nantais en référence à sa démission en juillet 2019 de son poste de ministre de la Transition écologique après des révélations de Mediapart concernant son train de vie supposé fastueux, photos de homards et champagne à l’appui.

Si cette affaire n’explique pas totalement son choix, il estime que ce qu’il a « subi soulève des questions sur l’évolution de la démocratie ». « A force de s’en prendre aux élus, de les attaquer dès qu’ils sont désignés par le vote, on perd de vue leur utilité essentielle et le sens de la démocratie représentative. On démolit, on salit, on disqualifie plutôt que de contre argumenter », regrette-t-il. « Ce climat favorise, au pouvoir, la communication plutôt que l’action, la démagogie plutôt que le traitement de fond », ajoute-t-il.

Un soutien pour Emmanuel Macron, une pique pour les Verts

S’estimant « blanchi » par les enquêtes du gouvernement et de l’Assemblée concernant le montant des travaux dans son logement de fonction au ministère, et les dîners fastueux lorsqu’il présidait l’Assemblée nationale, François de Rugy s’était toutefois engagé à rembourser trois de ces dîners jugés d’un « niveau manifestement excessif » par l’enquête.

L’ancien ministre se dit « toujours d’accord avec l’orientation » de l’action d’Emmanuel Macron, et glisse qu’il retient de son expérience au gouvernement le fait qu'« il ne faut surtout pas se contenter de symboles », car « la politique des symboles, c’est la mort de l’écologie » et « sur le temps long, la déception est assurée ».

Ex-EELV, il critique au passage les Verts​ qui « ne croient pas » selon lui à la possibilité d'« insérer l’écologie dans le progressisme et faire confiance à la science » et sont « sur la défensive dès qu’on parle d’innovations technologiques pour résoudre les défis écologiques ».

Entré en politique il y a 21 ans en tant qu'adjoint au maire de Nantes dans le cadre d'une alliance entre écologistes et socialistes, François de Rugy était député de Loire-Atlantique depuis 2007. Il était, l'an passé, la tête de liste LREM aux élections régionales en Pays-de-la-Loire. Il avait alors échoué à la quatrième place du second tour avec 8,20 % des suffrages. Il siège depuis dans l'opposition régionale.