Affaire McKinsey: Bruno Le Maire assure que le cabinet McKinsey paiera les impôts « qu'il doit aux contribuables »

POUVOIRS PUBLICS Il répondait ce dimanche aux résultats de la commission d’enquête du Sénat sur le cabinet McKinsey, accusé d’optimisation fiscale

L.F. avec AFP
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Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire
Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire — Stephane Lemouton - POOL/SIPA

Face au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, ce dimanche, le ministre de l'Economie et des Finances s’est voulu intransigeant sur le dossier McKinsey. Accusé d’optimisation fiscale par une commission d’enquête du Sénat, ce jeudi, le célèbre cabinet devra payer « ce qu’il doit aux contribuables et à l’Etat français », a tranché dimanche le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire.

« Nous allons nous assurer que McKinsey paie les impôts qu’il doit à la France, comme toutes les entreprises », a-t-il déclaré au « Grand Jury ». Avant d’ajouter : « Toutes les procédures sont déjà engagées par la direction générale des Finances publiques, McKinsey paiera ».


McKinsey se justifie

Dans un document diffusé jeudi, la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil sur les politiques publiques a accusé les entités françaises du cabinet McKinsey de n’avoir versé aucun impôt sur les sociétés entre 2011 et 2020.

Réagissant à ces accusations, McKinsey a assuré respecter « l’ensemble des règles fiscales et sociales françaises applicables » et dit avoir payé l’impôt sur les sociétés « les années où le cabinet a réalisé des bénéfices en France ».

Une aide « légitime »

Trois jours après la publication du rapport final de la commission d’enquête du Sénat, qui qualifiait le recours aux cabinets de conseil de « phénomène tentaculaire » au sein de l’État, Bruno Le Maire a jugé « légitime » de faire appel à ces derniers pour des « missions ponctuelles ».

« Pour certaines prestations, par exemple de l’aide informatique, il est plus judicieux de faire appel à un prestataire extérieur plutôt que d’avoir des fonctionnaires qui s’occupent pendant des années de la mise à jour de telle ou telle procédure informatique », a estimé le ministre.

« Un Etat qui fonctionne bien, c’est un Etat recentré sur ses missions essentielles. Qu’on fasse appel à des spécialistes sur certains sujets, ça me paraît aussi un principe de bonne gestion », a-t-il poursuivi. Mais « s’il y a des dérives, qu’on estime que ces prestations vont trop loin, que le recours aux cabinets de conseil est excessif, nous recentrerons ces activités », a concédé Bruno Le Maire. Jeudi, le président Emmanuel Macron avait déjà jugé « légitime » le recours aux cabinets privés, tout en insistant sur le contrôle et sur la transparence des appels d’offres.

Selon le rapport du Sénat, les dépenses de conseil des ministères ont bondi de 379,1 millions d’euros en 2018 à 893,9 millions d’euros en 2021.