Présidentielle 2022 : Réformes du RSA, de l’école et de la santé… L’essentiel du programme d’Emmanuel Macron

CAMPAGNE Le candidat à l’Elysée Emmanuel Macron a présenté son programme à trois semaines du premier tour de la présidentielle 2022

20 Minutes avec AFP
— 
Présidentielle 2022 : RSA, chômage, retraites, les propositions de Macron sur le travail — 20 Minutes
  • Emmanuel Macron a présenté ce jeudi son programme devant un parterre de journalistes, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis)
  • L’un des principaux points présenté concerne une « refondation du pacte armée-nation », avec la guerre en Ukraine pour toile de fond
  • Le président-candidat s’est prononcé pour la retraite à 65 ans et un minimum d’activité pour les bénéficiaires du RSA

Il refuse jusqu’ici de participer à des débats face aux autres candidats avant le premier tour de la présidentielle, le 10 avril prochain, mais Emmanuel Macron a, pendant près de deux heures [sans compter les heures consacrées aux questions des journalistes], ce jeudi, déroulé son programme. A Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), dès 15 heures et 24 jours avant le premier tour, le candidat à sa succession a déroulé les grands axes de sa campagne face à un parterre de 250 journalistes accrédités, en faisant largement référence à la guerre en Ukraine et au « retour du tragique en Europe ». Voici ce qu’il faut retenir d’un programme dont Emmanuel Macron a évalué le coût à 50 milliards d’euros.

Une « refondation du pacte » armée-nation

Emmanuel Macron a plaidé pour une « refondation du pacte » entre « l’armée et la nation », pour tirer la leçon de la crise ukrainienne, avec le doublement du nombre de réservistes. Emmanuel Macron a aussi souhaité « intensifier » les investissements « pour pouvoir affronter une guerre de haute intensité, qui peut revenir sur notre continent ». Pour cela, il a assuré qu’en cas de réélection, il demanderait au chef d’Etat-Major des armées une réévaluation « de tous les besoins » nécessaires, à la lumière de l’invasion russe en Ukraine. Il a notamment évoqué « la généralisation du service national universel » ainsi que « l’augmentation des réservistes qui seront doublés ».

Il a souhaité « pouvoir mettre en place un plan de mobilisation civile pour renforcer notre résilience », ce qui selon lui « passera par un renforcement des stocks stratégiques de la nation, par un recensement des compétences des Français volontaires pour être mobilisés en cas de crise grave, mais aussi des capacités des entreprises clés ».

Une réforme du RSA avec « 15 à 20 heures d’activité » hebdomadaire

Il a proposé une réforme du revenu de solidarité active (RSA) avec « un meilleur équilibre des droits et devoirs » et « l’obligation de consacrer 15 à 20 heures par semaine » à une activité facilitant l’insertion professionnelle. « Les bénéficiaires du RSA ont en quelque sorte été les victimes de notre mauvaise organisation collective et notre nation s’est organisée d’abord en divisant les compétences », a déploré le président sortant. « Donc, il faut un revenu de subsistance pour toute personne, mais il faut pouvoir mieux accompagner chacune et chacun, reconnaître sa dignité, et lui demander une part de devoir pour toutes celles et ceux qui le peuvent », a-t-il poursuivi.

Le RSA assure aux personnes sans ressources un niveau minimum de revenu qui varie selon la composition du foyer. Le RSA est ouvert, sous certaines conditions, aux personnes d’au moins 25 ans, ainsi qu’aux jeunes actifs de 18 à 24 ans s’ils sont parents isolés ou justifient d’une certaine durée d’activité professionnelle. « Je n’ai pas voulu faire le RSA pour les 18-25 ans parce que je considère que c’est en quelque sorte nous satisfaire d’une idée qu’on traiterait la pauvreté ou la précarité uniquement à travers des prestations monétaires », s’est également justifié le chef de l’Etat, en défendant l’idée de « demander une part d’efforts pour toutes celles et ceux qui le peuvent ».

Un versement des aides sociales « à la source »

Le président candidat s’est engagé, s’il est réélu, à faire verser les aides sociales « à la source », de manière automatique, ce qui selon lui bénéficierait aux « 20 millions de Français » qui touchent le RSA, la prime d’activité, des aides au logement ou des allocations familiales. Reprenant cette promesse de 2017, il a dit vouloir « simplifier » ces aides afin que tous les Français qui y ont droit puissent les percevoir, mais aussi pour lutter contre la fraude.

Porter la retraite à 65 ans

Emmanuel Macron a proposé d’augmenter progressivement l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans, comme ce qui avait été annoncé en début de semaine. Le candidat propose de tenir compte des carrières longues et des questions d’invalidités ainsi que de la difficulté des tâches. Le dispositif de cumul emploi-retraite sera simplifié et la pension minimale sera portée à 1100 euros net. A noter que pour accompagner les dépendants, Emmanuel Macron souhaite augmenter de deux heures le temps de travail des aidants dans les Ehpad et y « recruter 50.000 infirmiers et aides-soignants ».

Une large concertation pour l’école

Ce sera l’un des chantiers majeurs de son quinquennat s’il est réélu, a-t-il indiqué. Emmanuel Macron souhaite mettre en place une « nouvelle méthode » pour l’école. Nouvelle méthode qui passera par une remise à plat générale du système, à travers « une large concertation pour discuter de la meilleure manière d’atteinte des objectifs (…) en mettant toutes les parties prenantes autour de la table ». A la clé, son souhait est de poursuivre les augmentations des salaires des enseignants, mais en définissant pour eux de nouvelles missions.

Le candidat entend garantir le remplacement des professeurs absents et veut également donner davantage de liberté aux établissements.

La prévention en santé améliorée

Autre axe présenté comme majeur, la santé, elle-même sur le devant de la scène au cours des deux dernières années lors de la pandémie de Covid-19. « Nous devons réussir à aller beaucoup plus loin, plus vite et plus fort », annonce le président candidat. Cela passerait, selon lui, par un renforcement de la prévention, une « simplification de l’hôpital et de sa gouvernance », et une amélioration de « l’accès aux soins en urgence ».

Une « convention citoyenne » sur la fin de vie

Emmanuel Macron, candidat à sa réélection, a estimé jeudi qu’une « convention citoyenne » serait adaptée pour trancher le débat sur la fin de vie dans le cadre d’un éventuel second mandat, lors d’une conférence de presse de présentation de son programme. « Sur ce sujet, je souhaite que nous puissions avancer de manière apaisée, c’est pourquoi je pense que c’est un bon sujet pour une Convention citoyenne », a fait valoir le président sortant, en ajoutant que « sur la base des conclusions » d’une telle Convention, il soumettrait « à la représentation nationale ou au peuple le choix d’aller au bout du chemin qui sera préconisé », c’est-à-dire par référendum.

Emmanuel Macron a évalué le coût de son programme à 50 milliards d’euros par an, auxquels s’ajouteront 15 milliards par an de baisses d’impôts, pour moitié bénéficiant aux ménages, pour moitié aux entreprises. Ces dépenses, en particulier pour l’éducation, la santé et l’autonomie, seront, selon lui, financées notamment par des économies par la réforme des retraites, avec le report de l’âge de départ, et sur les allocations-chômage.