Présidentielle 2022 : Emmanuel Macron présente son projet, balayant toute esquive du débat démocratique
REPORTAGE Le chef de l'Etat a présenté et défendu son programme pendant plus de quatre heures face aux journalistes ce jeudi
- Emmanuel Macron a présenté son projet lors d’une conférence de presse ce jeudi à proximité de Paris.
- Le candidat a notamment promis 15 milliards par an de baisses d’impôts, pour moitié bénéficiant aux ménages, pour moitié aux entreprises.
- Le président a aussi balayé les critiques l’accusant de ne pas vouloir affronter ses adversaires lors de cette campagne.
Emmanuel Macron descend prudemment dans l’arène. Accusé « d’enjamber » la présidentielle, le président-candidat est entré un peu plus dans la campagne ce jeudi après-midi, en dévoilant les grandes lignes de son projet lors d’une grande conférence de presse organisée aux Docks de Paris à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). A trois semaines du premier tour, le chef de l’Etat a longuement répondu aux questions des journalistes sur son programme, à défaut d’accepter de débattre avec ses adversaires.
« Il faut de la matière, je dois m’engager pour que le mandat soit clair »
Pour s’échauffer, Emmanuel Macron débute par un autosatisfecit sur son bilan, évoquant les baisses du chômage et d’impôts durant son quinquennat. Le président de la République déroule ensuite ses propositions, à travers trois grands axes : « faire de la France une nation plus indépendante dans une Europe plus forte », en tirant les conséquences de la guerre en Ukraine, poursuivre « le projet d’émancipation » et renforcer « le pacte républicain ». Il évoque aussi l’école et la santé comme « deux chantiers majeurs » d’un éventuel second mandat.
Il prévient : « Je le dis tout de suite, j’essaierai d’être le plus complet possible, mais je ne serai pas exhaustif ». Son monologue semble pourtant étirer les minutes, au grand dam des plus de 300 journalistes présents dans la salle. « Je prendrai six exemples… », lance-t-il après déjà plus d’une bonne heure de discours. Les journalistes soufflent, lui sourit : « Je répondrai ensuite à vos questions, mais c’est un débat présidentiel. Il faut de la matière, je dois m’engager pour que le mandat soit clair ».
Le président-candidat très à l’aise face aux questions
Le président répond ensuite aux nombreuses questions de la salle. Il précise les conditions de sa réforme de retraites à 65 ans et de sa « convention citoyenne » sur la fin de vie. Il détaille le coût de son programme évalué à 50 milliards d’euros par an jusqu’à 2027. Il promet des baisses d’impôts à hauteur de 15 milliards et le « plein-emploi » d’ici cinq ans. Il balaie les critiques sur la fermeture de Fessenheim malgré sa volonté de relancer le nucléaire.
Très à l’aise, parlant presque sans note, le chef de l’Etat s’amuse aussi des critiques. Un projet plus à droite qu’en 2017 ? « Il y a des réformes que vous pourriez qualifier d’inspiration de gauche et d’autres de droite. Je m’en fiche, royalement, totalement, présidentiellement ». Un projet « copié » sur celui de Valérie Pécresse comme l’accusent déjà Les Républicains ? « S’ils ne savent se différencier du projet que je porte, qu’ont-ils été faire dans cette galère ? »
L’exercice est long, très long, mais Emmanuel Macron y prend plaisir. Il lui sera aussi utile pour répondre à ceux qui l’accusent de ne pas vouloir affronter les autres candidats lors d’une émission télévisée avant le premier tour. « Ni notre Constitution, ni nos usages ne disent que ce serait la règle ou la bonne manière pour confronter les idées démocratiques, balaie-t-il. Du général de Gaulle, à François Mitterrand, au président Chirac, aucun de mes prédécesseurs ne s’est soumis à un débat. Soyons sérieux, le débat démocratique, c’est celui d’une campagne. C’est de faire cette conférence de presse, où vous pouvez m’interroger librement. Pourquoi faudrait-il que les choses changent pour moi ? »