Présidentielle 2022 : 250 milliards de dépenses en plus pour 267 milliards de recettes… Mélenchon chiffre son programme

BUDGET « Jamais ça n’a été fait à ce niveau de précision », se vante le candidat insoumis

20 Minutes avec AFP
— 
Jean-Luc Mélenchon, le 8 mars 2022 à Paris.
Jean-Luc Mélenchon, le 8 mars 2022 à Paris. — Chang Martin/SIPA

Il met quiconque « au défi de contester les chiffres ». Jean-Luc Mélenchon a profité ce samedi d’une émission de sa campagne pour dévoiler les détails budgétaires de son programme. « Jamais ça n’a été fait à ce niveau de précision », s’est notamment vanté le candidat insoumis, qui prévoit des dépenses supplémentaires de 250 milliards d’euros et de nouvelles recettes de 267 milliards :

Il propose donc d’investir 250 milliards d’euros supplémentaires par an, en plus des 1.400 milliards de dépenses du budget de l’État en 2019. Parmi ces dépenses, figurent 50 milliards d’euros par an dans la « bifurcation écologique » et les services publics, 75 milliards dans la création d’un million d’emplois publics et la revalorisation des fonctionnaires, et 125 milliards d’aides, subventions et redistributions de richesse.

1 euro = 1,18 euro

Mélenchon affirme que ces dépenses vont alimenter un « cercle vertueux » grâce au « coefficient multiplicateur » qu’une partie de la science économique attribue à l’État : « un euro de l’Etat produit 1,18 euro », selon lui. Ainsi, les investissements nourriraient la consommation, remplissant les « carnets de commande » des entreprises, résultant dans la création d’1,5 million d’emplois privés, a-t-il avancé.

Des progrès qui augmenteraient les recettes de l’État de 267 milliards d’euros (en 2019, les recettes de l’État totalisaient 1.300 milliards), notamment grâce une hausse des cotisations recueillies de 35 milliards et des recettes de l’impôt sur le revenu et de la TVA de 27 milliards.

« Roosevelt l’a fait, Mélenchon peut le faire »

Plusieurs membres de l’équipe de campagne sont ensuite venus détailler différents postes de dépenses et de recettes. Par exemple, le recrutement de 160.000 enseignants et la construction de 300 lycées professionnels, maritimes et agricoles coûteraient 8,85 milliards.

La création de 14 tranches d’impôt sur le revenu, plutôt que les cinq actuelles, coûterait 10 milliards d’euros par la baisse des impôts pour 92 % des contribuables, et rapporterait 5 milliards par l’augmentation pour le reste des contribuables. La suppression du quotient familial rapporterait 11 milliards, le rétablissement de l’ISF près de 12 milliards, ont aussi calculé les Insoumis. « Roosevelt l’a fait, Mélenchon peut le faire », a scandé le député Éric Coquerel.

L’économie des sociologues

En conclusion, Jean-Luc Mélenchon s’est félicité que « depuis la crise du Covid-19​ (…) la discussion économique est beaucoup plus détendue ». Mais les Insoumis ont tout de même assuré que leur programme réduirait le déficit public de 2,6 points sur le quinquennat.

En réponse à des questions de journalistes économiques sur certaines dépenses, il a prévenu qu’il ne « gouvernerait pas avec de l’économétrie, mais avec des sociologues et des gens qui se soucient de la société ».