« 20 Minutes » a 20 ans: Vous souvenez-vous? Le 21 avril 2002, Jospin éjecté de la présidentielle

20 ANS DANS LE RETRO (1/20) « 20 Minutes » évoque 20 événements avec les journalistes qui ont couvert cette actualité, aujourd’hui, le premier tour de la présidentielle de 2002

Stéphane Leblanc
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Jean-Marie Le Pen le 21 avril 2002 se qualifie au second tour de la Présidentielle. A gauche son garde du corps Thierry Legier.
Jean-Marie Le Pen le 21 avril 2002 se qualifie au second tour de la Présidentielle. A gauche son garde du corps Thierry Legier. — PIERRE VERDY/AFP
  • À l’occasion de ses 20 ans, « 20 Minutes » vous partage les souvenirs les plus marquants de ses journalistes.
  • Aujourd’hui, le premier tour de la présidentielle de 2002 vu de la rédaction qui n’était en place que depuis un mois…

2002, le 21 avril. 20 Minutes vient de célébrer son premier mois d’existence et l’élection présidentielle peut commencer. Premier tour, roulements de tambours. Lionel Jospin, alors Premier ministre, est favori malgré une campagne sans grand génie. La rédaction, alors composée d’une douzaine de journalistes, attend les résultats. Pas de réseaux sociaux à l’époque, seulement des sondages pour dessiner la tendance. On guette les chiffres du ministère de l’Intérieur.

A 18 heures, les premières estimations tombent. C’est l’émotion : Chirac est en tête, mais surtout Le Pen pourrait devancer Jospin d’un cheveu. Certains téléphonent à leurs proches : « Tu n’as pas encore voté, grouille-toi. » Le directeur de la rédaction me glisse à l’oreille : « D’un point de vue journalistique, ces élections vont commencer à devenir intéressantes. »

Pire qu’une défaite du PSG en 8e

A 20 heures, la gauche se retrouve éjectée dès le premier tour. Une humiliation pire qu’une défaite du PSG en huitième de la Ligue des champions. Après le bouclage du journal, la rédaction se retrouve dans un café place de la Bastille, en face de l’endroit où, quasiment vingt ans auparavant, Lavilliers, Higelin et Téléphone célébraient la victoire de François Mitterrand.

La place est déserte et je vois encore les militants shooter dans des canettes en maudissant les 200.000 voix manquantes qui conduisaient la France dans un duel entre la droite et l’extrême droite. Mais c’est surtout la menace de l’abstention qui a poussé 20 Minutes à oser, à la veille du second tour, le titre le plus engagé de son histoire : « Faites pas les cons ».