Présidentielle 2022 : Ukraine, Zemmour, pouvoir d’achat… Ce qu’il faut retenir du « Live Présidentiel » avec Marine Le Pen

INSTAGRAM Marine Le Pen était, mardi 8 mars, l’invitée du « Live Présidentiel » TF1 – « 20 Minutes ». Elle a répondu aux questions des internautes en direct sur Instagram et Facebook

Charlotte Murat
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Marine Le Pen était l'invitée du Live Présidentiel TF1-20 Minutes mardi 8 mars.
Marine Le Pen était l'invitée du Live Présidentiel TF1-20 Minutes mardi 8 mars. — 20 Minutes
  • Marine Le Pen a répondu aux questions des internautes lors du « Live Présidentiel » TF1 – « 20 Minutes ».
  • Elle est revenue sur la candidature d’Eric Zemmour et le ralliement de Marion Maréchal. Se défendant d’être raciste, elle assure combattre « l’immigration massive et anarchiste » et veut mettre fin aux divisions entre Français.
  • La candidate du Rassemblement national à l’élection présidentielle a détaillé plusieurs mesures en faveur du pouvoir d’achat et de l’emploi des jeunes.

Elle assure faire de la politique et s’être présentée à l’élection présidentielle « par amour des Français ». « C’est pour cela que j’accepte d’en prendre plein la figure, d’être maltraitée, parfois humiliée, diffamée », déclare-t-elle. Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national, était mardi 8 mars l’invitée du « Live Présidentiel » TF1 – « 20 Minutes ». Elle a répondu en direct aux questions des internautes. Voici ce qu’il faut en retenir.

Pensez-vous que la France risque de rentrer en guerre contre la Russie ?

Je ne le pense pas, mais cette hypothèse ne peut pas être exclue du fait du jeu des alliances. Tout dépend aussi de l’attitude du président de la République, car il a une influence directe sur le conflit par son comportement et ses décisions. Ce que je ne voudrais pas, c’est que nos gouvernements gênent un accord possible entre la Russie et l’Ukraine. C’est l’Ukraine qui doit décider de ce qui est acceptable pour elle.

Pour découvrir ce que Marine Le Pen voulait faire comme métier quand elle était petite, c’est dans la vidéo que cela se passe

Si vous êtes élue, assouplirez-vous votre politique d’immigration pour accueillir les réfugiés ukrainiens ?

Il n’y a pas besoin d’assouplir la politique pour accueillir les Ukrainiens, puisque ce sont des réfugiés de guerre. On est dans le cadre de la Convention de Genève. Il faut les accueillir dans les meilleures conditions et ensuite il faudra les aider à retourner dans leur pays quand les conditions de sécurité le permettront.

Que ferez-vous contre l’augmentation des prix des carburants ?

Je suis terriblement inquiète des conséquences de cette crise sur le pouvoir d’achat des Français. Emmanuel Macron a augmenté les taxes sur les carburants. Je propose, moi, de baisser la TVA de 20 % à 5,5 % sur l’ensemble des énergies. Cela permettra de faire baisser le prix du gazole de 44 centimes le litre et l’essence de 34 centimes le litre. Ce n’est pas la panacée, mais je pense que ça donnera un peu d’oxygène à nos compatriotes.

A quand la dépénalisation du cannabis ?

Jamais. Le cannabis est un produit dangereux, qui détruit les neurones. De plus, la dépénalisation n’arrêtera pas les trafics. Si demain on rend la drogue légale, les trafiquants dealeront autre chose. Ils ne vont pas devenir maçon, couvreur ni ouvrir une épicerie.

Que proposez-vous pour la protection des animaux ?

Je vais constitutionnaliser la protection des animaux et créer un statut spécifique pour les animaux dans le Code civil. Aujourd’hui, il y a les hommes d’un côté et les meubles de l’autre. Et dans les meubles, il y a les animaux. Certes ils sont considérés comme des êtres sensibles, mais ils restent des meubles. La violence volontaire envers les animaux doit être éradiquée, car c’est un signal faible de la violence en général. J’augmenterai d’un tiers les amendes et les peines en cas d’abandon, de maltraitance ou de cruauté. J’interdirai l’abattage sans étourdissement et je créerai un statut de lanceur d’alerte pour les personnes qui seraient témoin de maltraitances.

Comptez-vous revenir sur la loi pour la PMA pour toutes ?

Non. Je veux un moratoire total de trois ans sur toutes ces lois sociétales. Notre pays a déjà souffert de trop de divisions, de trop de fractures. Après, mon problème avec la PMA sans père, c’est le « sans père ». Ce que je n’admets pas, c’est le mensonge biologique. Je veux que sur un acte de naissance, l’enfant sache qu’il est né d’un père et d’une mère, même si le père est sous X.

Une alliance avec Eric Zemmour est-elle possible pour accéder au deuxième tour ?

Le problème, c’est qu’à partir du moment où Eric Zemmour a décidé d’être candidat, c’est fini, il n’y a plus d’alliance possible avant le premier tour. Il a pris le risque de la division.

Qu’est ce qui vous différencie d’Eric Zemmour ?

Nous n’avons pas la même vision du combat politique. Moi, je combats l’idéologie islamiste, lui est dans un combat religieux contre l’islam. Il a aussi définitivement une vision des femmes qui est dégradée. Et puis il y a tout l’aspect économique. Le projet d’Eric Zemmour est extrêmement dur, sur le plan social, avec la retraite à 64 ans ou la transformation des augmentations nécessaires de salaire en prime. Enfin, moi je ne veux pas désunir les Français, je veux les unir. Je veux retrouver une France apaisée. Lui, à chaque fois qu’il fait une proposition, il y a une division.

Pourriez-vous accepter Eric Zemmour dans votre gouvernement ?

Il n’a pas du tout envie d’être ministre de Marine Le Pen. Il a un côté quitte ou double. C’est président ou rien.

Vous sentez-vous trahie par le ralliement de Marion Maréchal à Eric Zemmour ?

Oui, évidemment. Elle avait certes quitté le Front National il y a cinq ans, mais elle reste ma nièce. C’est blessant et c’est surtout incompréhensible. Même si on reste sur le sujet strictement politique, elle avait dit il y a un mois qu’elle soutiendrait le mieux placé. Or je suis cinq à sept points devant Eric Zemmour. Participer à la division du camp national au moment où on peut et où il faut gagner cette élection, c’est très décevant de sa part.

Etes-vous raciste ?

Il n’y a pas un mot, une mesure, une ligne de mon projet qui puisse être taxée de raciste. L’idée de faire une différence entre les gens en fonction de la couleur de leur peau, de leur religion, de leur origine m’est insupportable. J’ai vécu la discrimination. J’ai été jugée juste parce que j’étais la fille de Jean-Marie Le Pen. C’est impossible pour moi de faire vivre à d’autres ce que j’ai vécu. Et combattre l’immigration massive et anarchiste, ce n’est pas raciste.

Pourquoi vous battre autant sur le voile ?

Parce que ce n’est pas un simple vêtement. C’est un uniforme islamiste, une marque de cette idéologie. Dans tous les pays musulmans qui se battent contre les islamistes, la première chose qu’ils ont faite, c’est retirer le voile aux femmes.

Que proposez-vous pour faciliter l’emploi des jeunes en France ?

Le problème du taux d’activité des jeunes en France est fondamental. Il est de dix points inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE et c’est très grave. Tout mon projet vise à répondre à cette question. Cela passe par le chèque apprenti et le chèque alternant de 230 euros en plus par rapport à leur indemnité pour les moins de 18 ans 330 euros pour les 18-25 ans. Cela passe par l’exonération de l’impôt sur le revenu pour les moins de 30 ans. Cela passe par la gratuité des trains aux heures creuses pour les 18-25 ans. Cela passe aussi par ma réforme des retraites qui dit que plus on rentre jeune sur le marché du travail, plus on part tôt. Les étudiants qui travaillent pourront également recevoir une prime de l’Etat de 20 % de leurs revenus mensuels et jusqu’à 30 % pour les boursiers, à hauteur de 200 euros pour les premiers et de 300 euros pour les seconds.

Quel est votre projet pour l’école, l’enseignement supérieur et la formation des étudiants ?

La première des choses pour l’école, c’est de pouvoir y aller en sécurité. Sans discipline, il n’y a pas de transmission des savoirs. L’école doit aussi se recentrer sur les savoirs fondamentaux que sont les maths et le français. Pour cela, il ne faut pas plus de vingt enfants par classe en primaire et pas plus de trente au collège. Je revaloriserai aussi de 3 % par an le salaire des enseignants, ce qui fera 15 % de plus à la fin du quinquennat.

Pour l’université, grâce au chèque alternant, je veux permettre aux étudiants d’aller dans une filière professionnelle qui ne soit pas contrainte ou une voie de garage. Quand la filière générale et la filière professionnelle seront valorisées et respectées de la même manière, le nombre d’étudiants dans les universités sera moins important.

Quelles seraient les conséquences de votre élection sur les étudiants étrangers ?

La France se doit d’ouvrir ses portes aux étudiants étrangers. J’y mets juste quelques conditions. D’abord suivre véritablement le cursus. Il s’est développé depuis quelques années une sorte de filière d’immigration qui consiste à s’inscrire à l’université en espérant obtenir l’autorisation de résider en France sans suivre le cursus. Je souhaite aussi passer un partenariat privilégié avec les pays francophones, notamment africains. Cela permettrait leur développement économique. Et je dis aux étudiants étrangers que le savoir qu’ils ont acquis en France, il faut qu’ils en fassent bénéficier leur pays.

Que comptez-vous faire sur les droits de succession ?

J’exonère de droits de succession les biens immobiliers jusqu’à 300.000 euros. J’applique cela à la résidence principale ou à ce que j’appelle « la résidence unique », c’est-à-dire quand on possède un bien immobilier mais que ce n’est pas sa résidence principale. J’ajoute l’exonération totale de l’outil de travail, exploitation agricole ou entreprise, à condition qu’il reste la propriété des héritiers pendant dix ans. Je rajoute des mesures en matière de donation, avec la possibilité de donner 100.000 euros à ses enfants ou à ses petits-enfants tous les dix ans.

Allez-vous augmenter les pensions de retraite ?

Je vais déjà éviter qu’elles baissent en les indexant sur l’inflation. De plus, avec moi, aucune retraite ne sera inférieure à 1.000 euros. Avec toutes les mesures que je propose, je vais rendre en moyenne 150 à 200 euros par mois aux Français sur leurs dépenses contraintes. Je compte aussi privatiser le service public de l’audiovisuel et donc supprimer la redevance.

Allez-vous dégeler le point d’indice des fonctionnaires ?

Il est difficile à court terme de changer ça. Emmanuel Macron a fait 600 milliards de dettes supplémentaires pendant son mandant, dont seulement un tiers est lié à la crise Covid. Tant qu’on n’aura pas recréé de la croissance, c’est impossible de dégeler le point d’indice. Mais il y a urgence à revaloriser un certain nombre de salaires, comme les enseignants ou les personnels de santé qui doivent être augmentés de 10 %.

Remettrez-vous le masque obligatoire dans les écoles au cas où l’épidémie reprendrait ?

Non, je supprimerai totalement le pass sanitaire et le pass vaccinal qui ne servent à rien. Rien n’empêche véritablement la diffusion du virus. Il faut faire de la prévention, détecter à l’avance les endroits qui deviendront des clusters. Faire vivre des enfants avec un masque toute la journée, je considère que c’est de la maltraitance. On a imposé cela à des enfants, qui s’ils n’ont pas de pathologies graves, ne risquaient pas du tout de développer des formes graves.