Italie : Mario Draghi favori pour la présidence de la République après l’abandon de Silvio Berlusconi

ELECTIONS L’élection du Premier ministre comme président pourrait cependant déstabiliser le pays sur le plan économique

M.F avec AFP
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Le Premier ministre italien Mario Draghi.
Le Premier ministre italien Mario Draghi. — Insidefoto/Sipa USA/SIPA

Qui sera le prochain président italien. La réponse devrait tomber cette semaine alors que le Parlement se réunit ce lundi pour élire un nouveau chef de l’Etat Cette journée décisive intervient après pas mal de remue-ménage ce week-end et notamment  l'abandon du candidat le plus agressif de la campagne : Silvio Berlusconi. L’ex-Premier ministre milliardaire a ainsi donné l’occasion à ses alliés de droite de choisir un candidat moins clivant comme le Premier ministre  Mario Draghi qui semble aujourd’hui favori.

Mais aucun signe de consensus n’était visible malgré des négociations en coulisses ce weekend. Il est par ailleurs difficile de prédire le vainqueur de cette élection à bulletins secrets se tenant sur plusieurs jours, à laquelle votent plus d’un millier de députés, sénateurs et élus régionaux.

Mise en danger du plan de relance post-Covid

Ex-président de la Banque centrale européenne, où il est crédité d’avoir sorti l’euro d’une grave crise de la dette, Mario Draghi, 74 ans, a laissé entendre qu’il était intéressé, mais son élection laisserait vacant son poste actuel à un moment très délicat. Les partis appartenant à la coalition disparate soutenant Mario Draghi sont déjà en ordre de bataille en vue des législatives de l’an prochain. Et le chaos pourrait mettre en danger la mise en musique du volant italien du plan de relance européen post-Covid.

« C’est une élection clé et très compliquée, parce que les partis politiques sont faibles, ils sont dans un état de fragmentation totale », explique Giovanni Orsina, directeur de la Luiss School of Government à Rome. Les investisseurs internationaux craignent que l’Italie, criblée de dettes, prenne du retard sur le calendrier serré des réformes au cas où Mario Draghi quitterait son poste de Premier ministre. Cependant, la plupart des experts estiment qu’il serait mieux placé en tant que président pour assurer la stabilité politique et les bonnes relations avec Bruxelles, en particulier si la droite et l'extrême droite remportaient les élections prévues en 2023.

Réponse jeudi prochain

Le premier tour de l’élection doit commencer lundi à 14 heures GMT à la chambre des députés. Le résultat devrait être connu en soirée. En raison des mesures de sécurité liées au Covid, chaque tour prendra une journée et, comme le veut la tradition, il n’y a théoriquement pas de candidats officiels. Les observateurs n’attendent pas de résultat final avant jeudi, lorsqu’aura lieu le quatrième tour, pour lequel il faut la majorité absolue pour gagner, et non les deux tiers des voix comme aux tours précédents.

Si Mario Draghi reste Premier ministre, de nombreux autres noms circulent pour le poste de chef de l’État, notamment ceux du commissaire européen Paolo Gentiloni, de l’ancien Premier ministre socialiste Giuliano Amato ou de la ministre de la Justice Marta Cartabia, qui serait la première femme présidente.