Copé, «vilain petit canard» éjecté du gouvernement, revit au sein de son «hyperparlement»

POLITIQUE Le patron des députés UMP sort ce vendredi un livre où il décrit ses relations difficiles avec Nicolas Sarkozy...

Vincent Glad

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Jean-François Copé le 15 janvier 2009 sur France 5
Jean-François Copé le 15 janvier 2009 sur France 5 — BALTEL/SIPA

«Promis, j’arrête la langue de bois!», promettait Jean-François Copé dans son dernier livre paru en 2006. Pour son retour en librairie avec «Un député, ça compte énormément!», le patron des députés UMP tente de tenir sa promesse et ne fait pas mystère de ses relations orageuses avec Nicolas Sarkozy, passées par «toutes les couleurs de l'arc-en-ciel».

Jean-François Copé n’a jamais caché qu’il était déjà en piste pour la lointaine présidentielle 2017. Nicolas Sarkozy l’a compris dès décembre 2006, alors que les deux hommes étaient au gouvernement Villepin. Copé raconte un entretien avec le ministre de l’Intérieur, où ce dernier lui dira, les yeux dans les yeux, «toi, tu es à ton compte».

Le ministre délégué au Budget, coupable de s’être mis trop tôt à «son compte», ne fera pas partie du grand casting du gouvernement Fillon. «Je vais alors vivre un moment que beaucoup ont vécu et que beaucoup vivront après moi: un licenciement sans préavis». Une décision très difficile à digérer, explique l’ambitieux Copé: «J’avais beau garder en mémoire l’histoire du vilain petit canard qui, à la fin, se transforme en cygne blanc, la pilule restait amère».

La saveur du terme «président»

Pour éponger ses larmes, Nicolas Sarkozy lui proposera le poste de président du groupe UMP à l’Assemblée, à lui qui méprise le Parlement. «J’ai sans doute été l’un des pires ministres des Relations avec le Parlement [entre 2002 et 2004]. Ou, pour être plus exact, l’un des moins assidus dans les deux chambres», reconnaît-il. Mais Copé se résout à ce poste a priori moins exposé: «Dans mon titre, il y a président. Je ne vais pas le cacher, c’est un mot que j’aime bien».

«Le vilain petit canard» moqué par ses collègues va trouver la force de se transformer en «cygne blanc». Après des débuts très difficiles marqués par les «couacs», Jean-François Copé trouve, à l’occasion de la transposition du rapport Attali, la formule de la «coproduction législative» où gouvernement et députés sont sensés travailler la main dans la main pour éviter les «couacs». Une manière pour Copé de s’octroyer un vrai poids politique pour amender les projets de Sarkozy.

Le retour des «couacs»

Le patron du groupe UMP se sent pousser des ailes et théorise l’arrivée de l’«hyperparlement», nouveau contre-pouvoir face à l’«hyperprésident». Jean-François Copé a acté la quasi-disparition de François Fillon: «La figure du Premier ministre n’est pas devenue accessoire mais elle est reléguée au second plan», écrit-il dans son livre.

Mais malgré la belle histoire racontée par Copé, les «couacs» n’ont pas pour autant disparu. Le rejet surprise de la loi Hadopi en est un parfait exemple... dont Copé ne parle pas dans son livre, finalisé peu avant l’événement. «Un député, ça compte énormément!»... surtout quand les rangs de la gauche sont plus garnis à l’heure de voter un texte.

Concours d’amabilités

Jean-François Copé réserve deux belles saillies à deux ministres du gouvernement Fillon. Pour Roger Karoutchi, secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement, un sympathique: «cette fonction n’est peut-être pas indispensable». Et pour Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères: «Lorsqu’il est interrogé dans l’hémicyle, pendant les questions au gouvernement, il ne s’adresse qu’à la gauche, tournant le dos à la majorité qui le soutient [...]. Est-il mal à l’aise? A-t-il du mal à assumer son choix?»