« 20 Minutes, j'écoute! » : Pourquoi ne parle-t-on pas de tous les candidats à la présidentielle ?

ON VOUS REPOND Un lecteur nous a fait remarquer que tous les aspirants à la présidence de la République ne disposaient pas du même traitement dans nos colonnes. Le chef du service politique de « 20 Minutes » explique pourquoi

Julie Bossart
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Pour être candidat à la présidentielle française, il faut obtenir le parrainage de 500 élus.
Pour être candidat à la présidentielle française, il faut obtenir le parrainage de 500 élus. — Mourad Allili
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  • Le principe est simple : via un formulaire, vous pouvez soumettre vos questions et remarques sur notre traitement de l’information, ou sur tout autre sujet en lien avec l’actualité. A la clef, notre réponse, sous forme d’article à retrouver sur notre site ou notre appli.
  • La défiance du public envers les médias et les journalistes est bien réelle, alimentée par la profusion de fake news. Notre but n’est pas d’influencer ou de convertir les esprits, de donner raison ou de juger, mais d’expliquer pourquoi et comment nous travaillons, de sorte à consolider la confiance que vous nous portez depuis vingt ans.

Une course à plusieurs vitesses. Dans la campagne à l’élection présidentielle, il y a ceux qui ne se sont  pas encore déclarés, ceux qui ont déjà  abandonné, ceux qui squattent l’espace médiatique…. Et puis ceux dont on apprend le projet au détour d’un message laissé à « 20 Minutes, j’écoute ! ». C’est le cas pour Serge Tinland, 59 ans, qui nous a écrit ceci :

« Dans le cadre de la présidentielle en cours, il serait plus que normal que vos colonnes puissent informer vos lecteurs de la candidature officielle de celles et ceux que les médias nomment les "petits candidats". Je fais partie de ces "petits candidats", qui sont des citoyens, et qui ont des choses à dire et des propositions concrètes à présenter à l’ensemble du peuple de France. » Celui qui se présente comme « citoyen essayiste » poursuit en précisant qu’il s’est déclaré candidat une première fois en 2017 et que, « par respect pour [ceux qui l’ont soutenu, et le soutiennent encore], pour la liberté d’expression et la sauvegarde de la démocratie participative », il serait bien qu’on lui consacre un article.

Effectivement, sur notre site, ou dans notre journal papier, pourquoi donc ne parle-t-on pas de tous les candidats à la présidentielle, et donc y compris les nombreux « petits candidats » ? « Tout simplement parce que nous ne le pouvons pas, répond en toute transparence Clément Giuliano, chef du service politique de 20 Minutes qui, pour la présidentielle, compte quatre journalistes à temps plein. Aujourd’hui, aucune rédaction nationale n’a les moyens humains ou matériels de mettre un journaliste derrière chaque candidat. Par ailleurs, le travail de journaliste consiste à récolter et à vérifier un grand nombre d’informations, puis à les restituer de façon intelligible et hiérarchisée au lecteur, qui dispose d’un temps limité pour s’informer. Si nous traitions tous les candidats, ce serait impossible à suivre. »

« Notre rôle n’est pas de prétendre à l’exhaustivité »

Ce traitement de ces « petits candidats » – à l’échelle nationale car, à l’échelle locale la presse abat un immense boulot – peut paraître injuste ou inéquitable, on le reconnaît. Mais, rappelle Clément Giuliano, « le rôle du journaliste n’est pas de prétendre à l’exhaustivité : il s’agit de donner du sens à des informations en leur donnant du contexte. A 20 Minutes, par souci de clarté vis-à-vis de nos lecteurs, on traite principalement les candidats qui ont des chances d’obtenir leurs 500 signatures. »

En effet, les conditions requises pour être candidat à l'élection présidentielle sont fixées par l’article 3 de la loi du 6 novembre 1962 relative à l’élection du président de la République au suffrage universel, lit-on sur le site Vie-publique. Et, depuis une réforme de 1976, pour être candidat « officiel », et non autodéclaré, il faut pouvoir justifier du parrainage de 500 élus. Ce qui n’est vraiment pas une mince affaire, certains « gros candidats », bien que dotés d’une solide expérience et aura en politique, et soutenus par un parti, peinant à obtenir ces 500 signatures. « La liste officielle des candidats à la présidentielle 2022 ne devrait pas être connue avant début mars », estime Clément Giuliano.

Dans cette attente, combien sont-ils à s’être lancés dans la course, outre les gros poissons, et les plus petits, comme notre lecteur Serge Tinland ? On ne va pas vous mentir, 20 Minutes n’a pas fait le décompte. FranceInfo, par exemple, s’y essaie, via une  infographie régulièrement mise à jour.

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