Education nationale : Des ateliers de méditation dans des collèges inquiètent associations et syndicats

ALERTE La méditation de pleine conscience (MPC), qui trouve son origine dans le bouddhisme, est fondée sur la focalisation sur ses sensations, sa respiration, un point de son corps

20 Minutes avec AFP
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Une école élémentaire à Nice en janvier 2022 (photo d'illustration)
Une école élémentaire à Nice en janvier 2022 (photo d'illustration) — SYSPEO/SIPA

Des ateliers de «méditation de pleine conscience » menés dans plusieurs collèges inquiètent associations et de syndicats, qui ont écrit au ministre de  l'Education nationale,  Jean-Michel Blanquer, pour l’alerter sur des pratiques « potentiellement risquées sur le développement psychique des enfants ».

Dans une lettre ouverte, ils indiquent qu’un projet d’expérimentation de cette technique de méditation « proposé par un lobby ésotérique » a été abandonné à la suite de protestations émises en juin 2021.

Douze signalements

Mais « nous avons été saisis de sa réapparition de façon maquillée depuis septembre dans plusieurs collèges avec la multiplication d’ateliers de relaxation, d’exercices de respiration, de méditation », écrivent ces organisations. Parmi elles figurent la Ligue des droits de l’Homme, celle de l’Enseignement, les syndicats FSU, CGT et Unsa, la fédération de parents d’élèves FCPE et l’association de lutte contre les dérives sectaires Unadfi.

La méditation de pleine conscience (MPC), qui trouve son origine dans le bouddhisme, est fondée sur la focalisation sur ses sensations, sa respiration, un point de son corps, etc. Elle a fait l’objet de 22 demandes d’information entre 2018 et 2020 auprès de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). Dans le même temps, 12 signalements concernant des mineurs et relatifs aux différentes pratiques de méditation ont été reçus par la Miviludes, selon son dernier rapport.

Une technique « potentiellement risquée »

Pour les signataires de la lettre au ministre de l’Education nationale, « la pratique sur des enfants mineurs d’une méthode qui peut aboutir à un conditionnement avec perte d’esprit critique et assujettissement de l’individu engendre (…) des risques importants qui ne peuvent être négligés ».

« Nous renouvelons nos plus vives inquiétudes sur ces expérimentations, et vous demandons d’intervenir pour y mettre fin sans délai » afin de refuser dans l’éducation nationale « une technique, la MPC, aux conséquences incertaines et potentiellement risquées sur le développement psychique des enfants », écrivent-ils.