Emmanuel Macron à Nice, une visite pour occuper le terrain de la sécurité

DEPLACEMENT PRESIDENTIEL Le président de la République vient poser la première pierre de l’Hôtel des polices

Fabien Binacchi
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Emmanuel Macron peut compter sur le soutien de Christian Estrosi en vue de l'élection
Emmanuel Macron peut compter sur le soutien de Christian Estrosi en vue de l'élection — L. Vu / Sipa
  • Ce lundi matin, Emmanuel Macron sera à Nice aux côtés de Christian Estrosi pour poser la première pierre du futur Hôtel des polices, véritable forteresse des forces de l’ordre à bâtir dans l’ancien hôpital Saint-Roch.
  • Emmanuel Macron profitera de sa visite pour « évoquer l’action menée depuis le début du quinquennat en faveur de la modernisation de la politique publique de sécurité », note l’Elysée.

Un outil unique dans l’Hexagone, et « même en Europe » selon la mairie, qui regroupera d’ici 2025 2.000 policiers municipaux et nationaux. Un site qui accueillera aussi « le premier centre d’hypervision urbain et de commandement de France » et vers où convergeront les images des 3.900 caméras de vidéosurveillance de la ville.

Ce lundi matin, Emmanuel Macron sera à  Nice aux côtés de  Christian Estrosi, un nouvel allié, pour poser la première pierre du futur Hôtel des polices, véritable forteresse des forces de l’ordre à bâtir dans l’ancien hôpital Saint-Roch.

L'Hôtel des polices accueillera le premier Centre d'hypervision urbain et de commandement de France
L'Hôtel des polices accueillera le premier Centre d'hypervision urbain et de commandement de France - Ville de Nice

Ses ministres de l’Intérieur Christophe Castaner et Gérald Darmanin avaient déjà fait le déplacement pour ce projet de 50.000 m2 et à 220 millions d’euros (dont 200 financés par l’Etat). Mais c’est une première pour le président. Une façon, sans doute, pour le chef de l’Etat pas encore tout à fait candidat, d’occuper lui aussi le terrain de la sécurité à quatre mois de la prochaine élection présidentielle.

« Evoquer l’action menée depuis le début du quinquennat »

« C’est une vitrine intéressante, reconnaît le député LREM des Alpes-Maritimes Cédric Roussel. Une illustration qui va dans le sens du continuum de sécurité voulu par le gouvernement pour une plus grande interconnexion entre les polices. Mais ce n’est pas un déplacement tombé du ciel. Le président de la République se rendra ensuite dans la Roya pour constater l’avancée des travaux de reconstruction après les ravages de la tempête Alex. »

Emmanuel Macron profitera quand même de sa visite à Nice pour « évoquer l’action menée depuis le début du quinquennat en faveur de la modernisation de la politique publique de sécurité, de l’aide aux victimes, de la lutte contre les violences conjugales, de la politique de sécurité du quotidien », note l’Elysée dans une note envoyée aux rédactions.

« En posant la première pierre du futur hôtel de police, alors même que le permis de construire n’a pas été validé et que les travaux ne commenceront pas avant deux ans, le Président de la république s’offre un coup de communication en plein cœur de la pandémie », s’est offusquée la CGT locale.

Et pour Eric Ciotti, c’est clair, il s’agit d’« un déplacement de campagne ». Le député LR azuréen a donc choisi de le boycotter, a-t-il expliqué au JDD. Il lancera au même moment le « comité de soutien » départemental à Valérie Pécresse. La candidate avait elle-même durci son discours sur la sécurité, voulant « ressortir le Kärcher de la cave ».

« Un des pires endroits pour venir lancer une campagne sur ce sujet »

La droite n’est, généralement, pas tendre avec l’action du chef de l’Etat dans le domaine du régalien. Et les critiques fusent à son encontre. Sa visite semble alors tombée à point nommé dans la ville où Christian Estrosi multiplie les investissements et les initiatives (boîtiers d’appel, reconnaissance faciale, etc.). Nice est d’ailleurs largement en tête des villes qui mettent le plus de moyens pour la sécurité, selon un palmarès du Figaro.

« Le bilan de Macron n’est pas reluisant dans le domaine de la sécurité, mais il a choisi un des pires endroits pour venir lancer une campagne sur ce sujet, attaque Philippe Vardon, le chef de file du Rassemblement national à Nice. La ville a fini l’année 2021 avec une fusillade comme elle l’avait commencé ».

« La réalité, c’est que, malgré les gadgets de Christian Estrosi, il y a une recrudescence de l’insécurité, avance-t-il. Elle est même la préoccupation principale des Niçois selon les sondages réguliers que commande la mairie. » La visite d’Emmanuel Macron devrait donc particulièrement les intéresser.