L'UMP se gausse de la condamnation confirmée de Ségolène Royal

POLITIQUE La présidente de la région Poitou-Charentes est condamnée pour non versement de salaires à deux de ses ex-collaboratrices...

Avec agence

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Ségolène Royal, lors de l'assemblée générale de Désirs d'avenir, le 28 mars 2009 au théâtre Dejazet, à Paris.
Ségolène Royal, lors de l'assemblée générale de Désirs d'avenir, le 28 mars 2009 au théâtre Dejazet, à Paris. — BORIS HORVAT / AFP

En plein affrontement avec l'UMP, l'annonce lundi de la condamnation définitive de Ségolène Royal pour non versement de salaires à deux de ses ex-collaboratrices, est venue ragaillardir le parti présidentiel qui lui a demandé de «dire pardon» aux deux plaignantes.

L'affaire, qui remonte à 1997, a trouvé son épilogue avec l'annonce lundi de la décision de la cour de cassation, datée du 8 avril, y mettant un terme. La chambre sociale de la Cour de cassation a rendu définitifs les arrêts rendus le 10 avril 2008 par la cour d'appel de Rennes en faveur de deux anciennes collaboratrices de Mme Royal à une époque où elle était députée des Deux-Sèvres (1993-1997).

Il est reproché à la présidente PS de la région Poitou-Charentes de ne pas avoir rémunéré deux ex-attachées parlementaires, licenciées en mai 1997 après la dissolution de l'Assemblée nationale, en juin et juillet de la même année, alors même qu'elles avaient continué à travailler pour elle.

Lefebvre ironisait déjà

Déjà l'an dernier, la décision de la cour d'appel de Rennes de condamner Royal avait été largement relayée par l'UMP, sur le mode: «Avec Ségolène Royal, c'est travailler plus pour gagner rien du tout», selon l'expression du porte-parole du parti présidentiel, Frédéric Lefebvre.

A cette époque, les socialistes avaient engagé une grande offensive contre les heures supplémentaires.«Quand on est capable de traiter de cette manière ses collaborateurs, quand on est capable d'avoir le discours qu'on entend aujourd'hui concernant des centaines de milliers d'ouvriers et d'employés de notre pays, ça veut dire qu'on fait peu de cas du travail et qu'on est disqualifié de parler de droit social», avait déclaré Lefebvre.

En pleine «affaire Zapatero»

Cette fois, l'annonce de la condamnation définitive de Royal est intervenue alors que celle-ci venait de présenter «des excuses» au chef du gouvernement espagnol José Luis Zapetero pour des propos prêtés à Nicolas Sarkozy.

L'UMP s'est saisie de cette affaire pour vilipender Ségolène Royal. L'inimitable Frédéric Lefebvre s'est ainsi demandé si cette décision de la Cour de cassation n'était pas «l'explication à tant d'agitation de Mme Royal avec ses soi-disant excuses à Dakar, ses soi-disant excuses à M. Zapatero».

Au PS, on observait lundi un mutisme total sur cette condamnation, au nom du principe selon lequel on ne commente pas une décision de justice. Même mutisme aussi dans l'entourage de Ségolène Royal.