Covid-19, UE, présidentielle… Les vœux optimistes d’Emmanuel Macron pour 2022

FRANCAIS, FRANCAISES Le président de la République veut croire que « 2022 peut-être sera l’année de sortie de l’épidémie »

S.A. avec AFP
— 
Jacqueline Portheault, cadre retraitée des soins intensifs de l'hôpital de Chartres, 85 ans, et Isabelle agent de service hospitalier, à l'Ehpad des Genets (Etablissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) regardent le président français Emmanuel Macron prononcer ses v?ux de nouvel an lors d'une allocution télévisée à la nation depuis l'Elysée, à Illiers-Combray, dans le centre de la France, le 31 décembre 2021.
Jacqueline Portheault, cadre retraitée des soins intensifs de l'hôpital de Chartres, 85 ans, et Isabelle agent de service hospitalier, à l'Ehpad des Genets (Etablissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) regardent le président français Emmanuel Macron prononcer ses v?ux de nouvel an lors d'une allocution télévisée à la nation depuis l'Elysée, à Illiers-Combray, dans le centre de la France, le 31 décembre 2021. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Avant de se dire à l’année prochaine, les Français et les Français avaient droit ce vendredi 31 décembre aux traditionnels  vœux présidentiels présentés par  Emmanuel Macron. « Résolument optimiste » sur le sanitaire, l’économie, son bilan et l’année qui vient : Emmanuel Macron a souhaité que 2022, « année décisive » soit aussi « l’année de sortie de l’épidémie », alors que la France enregistre un record de plus de 230.000 cas de  Covid 19.

Le président a prévenu que « les semaines à venir seront difficiles » mais qu’il y avait « de vraies raisons d’espérer » grâce au vaccin et que « 2022 serait peut-être l’année de sortie de  l’épidémie ».

Grâce au vaccin, « nous pourrons ainsi surmonter cette vague », a-t-il ajouté, en promettant de « tout faire pour préserver l’activité du pays » et « éviter de prendre des restrictions qui pèsent sur notre liberté ».

Un appel aux non-vaccinés

Debout, avec le jardin de l’Elysée en arrière-fond il a, une nouvelle fois, appelé à la vaccination face à ce variant Omicron « si contagieux ». « J’en appelle aux 5 millions de non-vaccinés : faites ce geste simple pour vous, pour vos compatriotes, pour notre pays. Toute la France compte sur vous ».

« Malgré les épreuves, la France est plus forte aujourd’hui qu’il y a deux ans », a insisté Emmanuel Macron, rappelant plusieurs des réformes qu’il a impulsées et qui le rendent « optimiste » pour 2022. « Jamais depuis 15 ans, le chômage n’a été aussi bas », a-t-il dit.

En 2022, une éclaircie ?

Décidé à ne pas parler que du Covid, il a ensuite énuméré ses réformes, « en cavalcade ». « Là où nous aurions pu tout reporter, nous n’avons jamais renoncé à notre ambition collective », a-t-il dit. « Rien que ces dernières semaines et dans les prochains mois, des décisions dont on parlait depuis des décennies ont été et seront prises qui changeront la vie », a-t-il ajouté.

Il a cité entre autres la « formation de notre jeunesse », la « réforme de l’assurance chômage », les mesures de « pouvoir d’achat », « l’augmentation des salaires des fonctionnaires les plus modestes », « la rénovation thermique » ou la « retraite minimale à 1.000 euros ».

« J’agirai jusqu’au dernier jour du mandat »

Autre axe de son discours, le début en ce 1er janvier du semestre de la présidence française de l’Union européenne, sujet marqueur de son quinquennat et possible thème d’une prochaine campagne. « Vous pouvez compter sur mon engagement total pour faire de ce moment un temps de progrès pour vous » car « les valeurs que porte l’Union européenne sont, j’en suis convaincu, celles qui permettent de relever nos défis contemporains ».

Quant à l’élection présidentielle, qui aura lieu dans moins de quatre mois, il s’est contenté d’affirmer, sans révéler s’il serait candidat, que 2022 serait « une année décisive » en raison des élections présidentielle et législatives. « Nous aurons des choix majeurs à faire », a-t-il dit, en recommandant « bienveillance et tolérance »

« Pour ma part, quelles que soient ma place et les circonstances je continuerai à vous servir et de la France, notre patrie, nul ne saura déraciner mon cœur », a-t-il conclu, citant le résistant Marc Bloch, exécuté par la Gestapo en 1944.

« Restons unis, bienveillants, solidaires, restons du côté de la vie, c’est là ce que nous devons à nous-mêmes. Alors 2022 sera l’année de tous les possibles », « vive notre Europe, vive la République et vive la France », a-t-il conclu.

Drapeau de la discorde

Son discours s’est terminé sur l’image du drapeau européen projeté sur la façade de l’Elysée, comme ce sera le cas sur une dizaine de bâtiments parisiens, dont la Tour Eiffel dès ce vendredi, et des mairies de grandes villes françaises.

Un drapeau qui était au centre de la dernière polémique de 2021. Marine Le Pen s’est dite « outrée que le drapeau français ait été remplacé par celui de l’Union européenne sous l’Arc de Triomphe, au-dessus de la tombe du soldat inconnu », dénonçant une « provocation ». « L’Arc de Triomphe sous Macron : après le saccage et l’empaquetage, l’outrage », a abondé Eric Zemmour.

« Présider l’Europe oui, effacer l’identité française non ! », a insisté la candidate LR Valérie Pécresse qui « demande solennellement à Emmanuel Macron de rétablir notre drapeau tricolore à côté de celui de l’Europe » sous l’arc de Triomphe.

Une opposition très critique

Le chef de l’Etat tentait de rassurer des Français particulièrement pessimistes, dont seuls 17 % pensent que 2022 sera meilleure que 2021, selon un sondage Odoxa réalisé par Internet les 21 et 22 décembre.

L’opposition a critiqué les derniers vœux de son quinquennat, un « exercice d’autosatisfaction annuel » qui « ne parvient pas à masquer la réalité de son mauvais bilan », selon Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat.

« D’abord un président secouriste. Et ensuite le discours du répondeur automatique du siège de LREM », a fustigé le candidat LFI Jean-Luc Mélenchon. « Emmanuel Macron est si déconnecté des réalités qu’il ose prétendre que la France est plus forte après deux années d’échec de sa gestion sanitaire », a dénoncé de son côté Marine Le Pen, regrettant que le chef d’Etat sortant « n’ait pas le courage d’annoncer sa candidature » pour 2022.