Coronavirus : Emmanuel Macron annule son déplacement au Mali à cause du Covid-19, Jean Castex n'ira pas en Jordanie

RESTRICTIONS La visite du président devait intervenir après une période de tensions entre Paris et Bamako

20 Minutes avec AFP
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Emmanuel Macron lors d'une cérémonie d'hommage après la mort d'un soldat au Mali.
Emmanuel Macron lors d'une cérémonie d'hommage après la mort d'un soldat au Mali. — STEPHANE MAHE / POOL / AFP

L’Elysée a justifié sa décision par un « souci de cohérence ». Le président français Emmanuel Macron a annulé vendredi le déplacement qu’il devait effectuer au Mali pour rencontrer le président de la transition et célébrer Noël  avec les troupes françaises, en raison de la crise du  Covid-19, a annoncé l’Elysée.

Cette visite devait intervenir alors que les relations entre Paris et Bamako se sont tendues ces derniers mois, la France ayant averti que le déploiement de mercenaires russes au Sahel serait « inacceptable » après le redéploiement de la force Barkhane, qui a quitté cette semaine Tombouctou après près de neuf années de présence dans cette ville du nord du pays.

« Un souci de cohérence »

« Cette décision a été prise dans un souci de cohérence entre les mesures annoncées au niveau national et l’agenda international du président, et dans un souci de ne pas exposer notre dispositif militaire dans un moment de dégradation de la situation sanitaire en métropole », a expliqué l’Elysée à l’issue d’un conseil de défense Covid-19 qui s’est réuni pour examiner de nouvelles mesures face à la cinquième vague fulgurante et au variant Omicron très contagieux.

Le Premier ministre Jean Castex a également annulé le déplacement qu’il devait faire en Jordanie avec la ministre des Armées Florence Parly et le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal pour rencontrer les militaires basés dans ce pays.

Une rencontre difficile à organiser

Paris avait annoncé mercredi qu’Emmanuel Macron devait se rendre lundi à Bamako pour une première rencontre avec le colonel Assimi Goïta, dans un climat de haute tension entre Paris et la junte militaire au pouvoir depuis 2020, dont la lenteur à rendre le pouvoir aux civils et les velléités de recourir à des mercenaires russes exaspèrent Paris.

La présidence a souligné vendredi que l’organisation de cette rencontre était difficile. Emmanuel Macron voulait qu’y participent les présidents en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) – le président ghanéen Nana Akufo-Addo – et du G5 Sahel – le Tchadien Mahamat Idriss Déby Itno. Un format rejeté par les autorités maliennes, qui souhaitaient un entretien bilatéral. « Les difficultés sur la table ne sont pas franco-maliennes, mais entre le Mali et ses partenaires. Elles ne peuvent se résoudre que dans un cadre collectif », a expliqué l’Elysée. « Il y a un grand besoin de clarification », notamment sur « le flottement sur les élections, qui a jeté beaucoup de trouble parmi les partenaires » internationaux.

Le Noël avec les troupes encore annulé

Après avoir promis d’organiser des élections en février, la junte traîne des pieds pour présenter un calendrier de transition, au grand dam des membres de la Cédéao, qui la menacent de sanctions supplémentaires dès janvier si le dossier n’avance pas. Paris cherche en outre à dissuader le colonel Goïta de recourir aux paramilitaires russes de Wagner, réputés proches du Kremlin et accusés de prédation et d’exactions dans les pays où ils sévissent, comme en République centrafricaine. Il a averti que leur déploiement serait « inacceptable ».

Au terme de la courte étape à Bamako, le président français devait partir célébrer le traditionnel Noël avec les troupes lundi soir et mardi matin sur la base de Gao (nord-est) avec des soldats français déployés au sein de la force antijihadiste française Barkhane, en pleine restructuration. Mais l’Elysée a annoncé que le repas de fête préparé par le chef de l’Elysée sera bien envoyé au Sahel pour être apprécié par quelque 2.800 militaires. Après l’avoir célébré au Niger, au Tchad et en Côte d’Ivoire entre 2017 et 2019, Emmanuel Macron avait déjà été contraint d’annuler le Noël avec les troupes l’an dernier après avoir été déclaré positif au Covid le 17 décembre 2020.

Au terme de près de neuf ans de présence au Sahel, la France a entrepris en juin de réorganiser son dispositif militaire en quittant ses trois bases les plus au nord du Mali (Tessalit, Kidal et Tombouctou) pour se recentrer autour de Gao et Ménaka, aux confins du Niger et du Burkina Faso. Ce plan prévoit une réduction des effectifs, de 5.000 actuellement, à 2.500/3.000 d’ici 2023.