Présidentielle 2022 : Les meetings politiques ont-ils toujours autant la cote ?

VINTAGE La plupart des candidats à l’élection présidentielle 2022 ont débuté leurs grands oraux face à une armada de militants en surchauffe (ou pas)

Emilie Petit
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Présidentielle 2022 : Les meetings ont-ils toujours autant la cote ? — 20 Minutes
  • De Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour le 5 décembre dernier, à Anne Hidalgo, Valérie Pécresse et Yannick Jadot ce week-end, chacun y va de son meeting.
  • Alors que la campagne présidentielle 2022 bat d’ores et déjà son plein, la réunion publique semble être, encore et toujours, un exercice électoral incontournable, tant pour les candidats que pour les militants.
  • Mais d’autres modes de communication, comme les réseaux sociaux, permettent désormais d’atteindre une population plus large que celle des meetings, qui attirent généralement plutôt les militants.

« Parce que c’est notre projeeeeet ! » Comment oublier ce hurlement guttural d’un Emmanuel Macron en transe, lors de  son meeting Porte de Versailles, le 10 décembre 2016 ? Ou encore ce rassemblement  au Bourget, le 22 janvier 2012, sans lequel, dit-on,  François Hollande ne serait jamais passé de simple candidat à présidentiable ? En 2005, pourtant,  Ségolène Royale, pas encore candidate, avait prophétisé la fin de ces grands échanges entre candidats et militants, arguant dans un entretien à La Croix : « Je pense qu’une campagne ne se conduit plus du tout comme ça. »

Près de décennies plus tard, alors que la campagne présidentielle 2022 bat son plein, le meeting semble être, encore et toujours, un exercice électoral incontournable, tant pour les candidats que pour les militants. « Lorsque Eric Zemmour réussi à réunir entre 11.000 et 15.000 personnes  lors de son meeting à Villepinte, c’est énorme pour un candidat très neuf politiquement », analyse Cécile Alduy, professeure à Stanford University et chercheuse associée  au Cevipof* spécialiste du discours politique. Surtout en pleine période de pandémie qui reste, selon la chercheuse, la grande inconnue de cette campagne. « Aujourd’hui, on est quand même moins dans des mouvements de masse », assure-t-elle.

Des militants survoltés et une maîtrise de l’agenda médiatique

De Jean-Luc Mélenchon et  Eric Zemmour le 5 décembre dernier, à  Anne Hidalgo,  Valérie Pécresse et  Yannick Jadot ce week-end, chacun y va de son meeting destiné à toucher au cœur ses sympathisants. Mais tous ne se valent pas. Car, pour réussir son meeting, plusieurs conditions doivent être réunies. « Pour que ça fonctionne, il faut d’abord des militants survoltés et en nombre. Parce que c’est ça qui va faire l’image et qui va marquer les téléspectateurs du journal télé de 20h. Il faut réussir à créer l’événement. Et l’important, c’est aussi de coller à l’agenda médiatique, pour qu’il ait un maximum de répercussion », détaille Cécile Alduy. Même si, aujourd’hui, tout ne se joue plus sur ces seuls rendez-vous grandeur nature. D’autres modes de communication, comme les réseaux sociaux, permettent désormais d’atteindre une population plus large que celle des meetings généralement réservés aux militants.

Mais « cela vaut surtout pour les "gros" candidats », précise-t-elle. Les petits candidats devant plutôt miser sur les débats, qui leur permettront de glaner de nouveaux électeurs. Enfin, sous réserve que leurs propositions fassent mouche, évidemment.

(*) Centre de recherches politiques de Sciences Po