Guadeloupe : Des négociations s'ouvriront mardi, sans l'Etat

TOUR DE TABLE Un protocole de méthode a été décidé, après le conflit social de la fin du mois de novembre

20 Minutes avec AFP
Lors des manifestations, ici à Sainte-Rose, fin novembre. (archives)
Lors des manifestations, ici à Sainte-Rose, fin novembre. (archives) — CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Des négociations sur le conflit en Guadeloupe commenceront mardi « pour des conclusions avant la fin de l’année 2021 », selon un accord de méthode signé par les élus locaux et le collectif d’organisations mobilisé en premier lieu contre  l’obligation vaccinale, dont l’Etat est absent. Les négociations se tiendront en deux temps, toujours selon le même document signé dans la nuit de vendredi à samedi, avec en premier lieu les revendications « urgentes du collectif des organisations en lutte ».

Viendra ensuite « le traitement des autres points de la plateforme de revendications » qui se sont, au cours des semaines de mobilisation, étendues aux politiques publiques autour des thèmes de la jeunesse, de la santé et de la famille. Les demandes « urgentes » concernent l’application de la suspension, notamment des soignants, des personnes refusant l’obligation vaccinale.

L’arrêt des poursuites demandée

Selon les signataires du texte, la « mise en œuvre » de l’application de la loi « s’avère problématique » sur un territoire où une faible part de la population est vaccinée malgré une situation épidémiologique dégradée. Le collectif demande également l’arrêt des poursuites à l’encontre des personnes interpellées au début du mouvement social, où de nombreuses exactions ont été commises.

L’Etat est le seul absent à la signature de cet accord de méthode. Lors de son séjour en Guadeloupe, le Ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu avait posé comme préalable la condamnation des violences. Boudée par une partie des élus locaux, sa visite avait débouché sur un « mandat donné au préfet » pour accompagner avec ses services la résolution du conflit dont beaucoup de points reposent sur les « compétences des collectivités locales ».

Depuis, un bras de fer s’est engagé entre les acteurs locaux de la crise pour qui les thématiques de résolution du conflit relèvent des compétences de l’État, et ce dernier, chacun maintenant des conditions préalables aux discussions. L’État a proposé, de son côté, un plan pour la jeunesse, conjointement avec des maires et des acteurs du secteur, autour duquel « la réflexion commence lundi » a-t-on appris de source préfectorale.