Meeting d’Eric Zemmour : Le groupuscule d’ultradroite « les Zouaves » pourrait être dissous

ENQUETE Le groupe est dans le viseur des services de renseignement depuis les violences survenues au meeting du candidat dimanche

M.F avec AFP
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Les membres du groupe d'extrême droite
Les membres du groupe d'extrême droite — MUNSCH FREDERIC/SIPA

Les « Zouaves » sur la sellette. Soupçonné d’être impliqué dans les violences commises lors du meeting d’  Eric Zemmour, le groupuscule d’ultradroite « fait l’objet d’un travail » par le renseignement territorial, a-t-on appris vendredi de source proche du dossier, confirmant une information du Parisien. Une procédure de dissolution pourrait être envisagée à leur encontre à l’issue de cette enquête.

Dimanche dernier, lors du premier meeting de campagne du candidat d’extrême droite à Villepinte, plusieurs militants de SOS Racisme, qui avaient exhibé des t-shirts « Non au racisme », avaient été agressés à coups de poing et de jets de chaises par des soutiens du polémiste. « Un des agresseurs est une personne qui est membre des Zouaves Paris (…). Il a été reconnu par une personne de la sphère militante », a déclaré le président de SOS Racisme Dominique Sopo. Une cinquantaine de membres étaient présents au meeting. Identifiées par les forces de l’ordre comme appartenant aux Zouaves, ils avaient pris la pose à la sortie du meeting pour une photo, en scandant « on est chez nous ».

Le leader des Zouaves déjà condamné pour violences

Selon plusieurs médias, dont Mediapart, Libération et Streetpress, l’agresseur identifié membre des Zouave serait celui présenté comme le leader du groupe, Marc de Cacqueray-Valmeunier. Le jeune homme avait déjà été condamné en janvier 2019 à six mois de prison avec sursis pour des violences lors de la manifestation des « gilets jaunes » le 1er décembre à Paris.

Les Zouaves, héritiers du GUD, l’ancien syndicat étudiant d’extrême droite, est un groupe « à la mode hooligan » qui réunit depuis 2018 « des gens qui viennent d’autres groupes plus constitués, pour des actions violentes et rapides », selon Marion Jacquet-Vaillant docteure en sciences politiques, spécialiste des identitaires.

Auteurs de l’attaque à coups de battes de baseball

Ils n’ont pas déposé de statuts pour se constituer en association mais peuvent correspondre à « un groupement de fait » susceptible de commettre « des agissements violents à l’encontre des personnes ou des biens », selon les critères de dissolution définis par le code de la sécurité intérieure.

En juin 2020, « les Zouaves Paris » avaient revendiqué l’attaque à coups de battes de baseball et d’aérosols de gaz lacrymogène du bar Saint-Sauveur, lieu emblématique de la mouvance antifasciste dans le quartier de Ménilmontant. Lors du procès au tribunal judiciaire de Paris concernant cette attaque, six et dix mois de prison ont été requis mi-novembre contre deux militants d’ultradroite, dont Marc de Cacqueray-Valmeunier et une relaxe pour trois autres, faute de preuves suffisantes. Le jugement doit être rendu le 21 janvier.

Depuis le début de l’année, deux groupuscules d’ultradroite ont été dissous par le gouvernement : Génération Identitaire début mars et l’Alvarium, implanté à Angers, fin octobre.