Emmanuel Macron présentera à 16 heures ses priorités pour la présidence française du Conseil de l’UE

DIPLOMATIE Cette présidence tombera en plein pendant la campagne de l’élection présidentielle française

M.F avec AFP
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Emmanuel Macron
Emmanuel Macron — SIPA

A partir du 1er janvier prochain, la France présidera pour six mois le Conseil de l’Union européenne. Cela sera la 13e fois depuis les années 1950 et la première depuis 2008 que la France assure cette présidence semestrielle tournante entre les 27. Un rôle pris particulièrement à cœur par  Emmanuel Macron qui expliquera pourquoi ce jeudi à 16 heures lors d’une conférence de presse à l’Elysée.

Le président français y présentera ses priorités pour la gouvernance française du conseil de l’UE. Mais a seulement quelques mois de l’élection présidentielle française, les journalistes pourraient bien saisir cette rare occasion pour interroger le chef d’Etat sur des questions politiques et notamment sur sa candidature encore non confirmée. « La campagne viendra en temps et en heure », ne cesse pourtant de marteler Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, en défendant un chef de l’Etat « au travail » jusqu’à la fin du quinquennat.

Emmanuel Macron veut renforcer la puissance de l’UE

Depuis son élection en 2017, célébrée au son de l’hymne de l’UE, le président se pose en chef de file des pro-Européens face aux « nationalistes » et « populistes », et vante les avancées obtenues à 27, comme le plan de relance post-Covid 19 de 750 milliards d’euros adoptés en 2020. « C’est l’identité d’Emmanuel Macron que personne, à droite comme à gauche, ne peut lui contester, et qu’il va porter jusqu’aux élections », affirme un membre de son entourage.

Le chef de l’Etat a annoncé lundi que les priorités de la présidence française, dite PFUE, tournaient autour de trois axes : « relance, puissance et appartenance ». La relance économique est « nécessaire » en « réponse à la crise » du Covid-19, a-t-il détaillé, avant de défendre le besoin de renforcer la puissance de l’UE en la rendant plus autonome, notamment militairement. Pour lui, « la souveraineté européenne renforce la souveraineté de la France », qui est mieux armée pour défendre ses intérêts dans le monde avec ses 26 partenaires que toute seule. Il regrette cependant que le « sentiment d’appartenance » des Français à l’UE se soit « étiolé » ces dernières années.

Avancer sur la taxation carbone

Devant la presse, il devrait détailler ses idées pour réformer les accords de Schengen, faire avancer le « paquet climat » avec la taxation carbone, mieux réguler les géants du numérique, harmoniser le salaire minimum, et rebâtir « un traité d’amitié avec l’Afrique ». Pour cela, des dizaines de rendez-vous sont prévus, essentiellement sur les trois premiers mois en raison de la présidentielle. Ils débuteront par un discours suivi d’un débat au Parlement européen le 19 janvier.

Les marges de manœuvre françaises seront toutefois limitées car si la présidence tournante permet de donner un élan à certaines priorités, il reste ensuite à construire des consensus à 27, ce qui n’est jamais aisé. De ce fait, la PFUE « peut demander beaucoup d’énergie » à Emmanuel Macron dans une période où il devra déjà gérer les affaires nationales tout en menant campagne, met en garde un responsable de la majorité.

Un atout selon les Français

« J’espère que la présidence française ne va pas être un moment de communication de trois mois », a averti mardi le président LR de la commission des Affaires européennes du Sénat Jean-François Rapin. Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro, les Français sont deux fois plus nombreux (32 % contre 15 %) à considérer que présider l’UE sera un atout plutôt qu’un handicap pour Emmanuel Macron et 63 % assurent que les propositions des candidats sur l’Europe compteront dans leur choix de vote.

Le candidat écologiste Yannick Jadot a regretté mercredi « que la France n’ait pas fait le choix de changer la date de sa présidence (…) biaisée et coupée en deux par l’élection présidentielle ». A l’extrême droite, Eric Zemmour demande à Emmanuel Macron « d’imposer le principe de non-admission des migrants dans l’Union européenne ».

Un agenda chargé pour Emmanuel Macron

L’agenda européen du chef de l’Etat sera chargé jusqu’à Noël avec la réception du nouveau chancelier allemand Olaf Scholz, qui fera son premier déplacement international à Paris vendredi. Lundi, il se rendra en Hongrie pour rencontrer le Premier ministre souverainiste Viktor Orban, avant le sommet européen des 16 et 17 décembre.

En attendant, Emmanuel Macron a préparé sa conférence de presse en échangeant avec les deux têtes de l’UE : la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen lundi, avant un déjeuner jeudi à l’Elysée avec le président du Conseil européen Charles Michel.