Présidentielle 2022 : « Et vous, Monsieur, vous allez nous aider, en vrai ? » le difficile service après-vente de Stanislas Guérini pour Macron dans les quartiers Nord

PRESIDENTIELLE Le directeur général de La République en Marche s'est rendu ce vendredi dans une cité des quartiers Nord de Marseille pour défendre le bilan de Macron 

Mathilde Ceilles
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Stanislas Guérini en visite dans les quartiers Nord de Marseille, aux côtés de Saïd Ahamada
Stanislas Guérini en visite dans les quartiers Nord de Marseille, aux côtés de Saïd Ahamada — Mathide Ceilles / 20 Minutes
  • Le directeur général de LREM s’est rendu ce vendredi dans la matinée dans une cité des quartiers Nord de Marseille, afin de défendre le bilan d’Emmanuel Macron.
  • Les habitants, quelque peu désabusés, lui ont décrit un quartier à l’abandon.

Ne cherchez pas Omar et Fred : en ce vendredi matin, le service après-vente est assuré par Saïd et Stan, au milieu des barres d’immeubles défraîchis de la cité Font-Vert, dans les quartiers Nord de Marseille. L’un, Saïd Ahamada, est le député LREM du secteur. L’autre, Stanislas Guérini, est délégué général LREM, venu expressément de Paris pour se rendre à Marseille, et défendre le bilan du président, probablement bientôt candidat à sa réélection, Emmanuel Macron.

D’abord envisagée sous une forme de porte à porte, la visite de cette cité du 14e arrondissement s’est finalement fait escorter d’une poignée d’habitants, qui ne cachent pas leur proximité avec Saïd Ahamada, et quelques journalistes, dans le cadre de l’opération. « A l’écoute » lancée par LREM, quelques mois avant le premier tour des élections présidentielles, et qui vaut le déplacement du patron des marcheurs dans les quartiers Nord.

« Dites à Monsieur Macron qu’on est oublié ! »

Des habitants qui, unanimes, rapportent durant la visite le même discours. « Le quartier est à l’abandon, soupire Eric, qui habite là depuis une trentaine d’années. Avant, il y avait des guinguettes, une vie. Maintenant c’est mort. Et en plus, pour la rénovation du quartier, on n’est pas assez écouté. » « Les paroles c’est bien beau, mais il faut les tenir jusqu’au bout ! », peste sa voisine « Et vous, Monsieur, vous allez nous aider, en vrai ?, lance Jeannette, incrédule. Dites à Monsieur Macron que vous êtes allé à Font-Vert et qu’on est oublié ! »

Face à la petite foule assez remontée, Stanislas Guérini tente de convaincre. « Emmanuel Macron est venu il y a trois mois, rappelle-t-il. Depuis, on a voté le budget à l’Assemblée nationale. Et c’est votre député, Saïd Ahamada, qui a voté les amendements pour donner un milliard d’euros sur les transports pour désenclaver un certain nombre de quartiers. C’est pas des paroles en l’air ! » Et de citer par ailleurs la hausse de l’enveloppe attribuée à la rénovation de certains quartiers.

« Il nous reste beaucoup de choses à faire »

« Je trouve que c’est hyperimportant d’expliquer ce qui a été fait et les moyens qui ont été mis, estime Stanislas Guerini. Il faut être fier qu’un certain nombre de choses ait pu avancer… » « Grâce à nos bras », le coupe en soupirant une habitante. « Moi, j’ai jamais voulu détourner le regard des difficultés, reprend Stanislas Guérini. Il faut arrêter ses moments où il faut aller voir les gens et leur faire des promesses qu’en période de campagne électorale. Je pense qu’on peut, en même temps, venir voir les difficultés et se dire qu’il y a des solutions. Je n’écoute pas de façon impassible. Il y a beaucoup de choses qui ont été faites dans ce quinquennat. Mais il nous reste beaucoup de choses à faire. »

« Ca fait des années que c’est comme ça, peste David, habitant d’une cité voisine. Chaque année, ils viennent, ils font des tours de quartier, ils te disent : "Le changement, c’est maintenant ! Avec ma baguette magique, je vais changer ton quartier !" » « Moi, vous savez, je n’y crois plus trop, à la politique, soupire Hadda. Depuis des années qu’on vit ici, on a eu plein de promesses, mais pas d’engagement… » Dans le quatorzième arrondissement de Marseille, aux dernières élections présidentielles, l’abstention avoisinait les 37 %, soit près de 12 points de plus qu’en 2012.