Présidentielle 2022 : Le président de Seine-Saint-Denis refuse la venue d’Eric Zemmour à Villepinte

PERSONA NON GRATA Stéphane Troussel a lancé une pétition pour que la venue du polémiste d’extrême droite au Parc des expositions de Villepinte soit annulée par le groupe Viparis, propriétaire des lieux

G. N.
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Stéphane Troussel a lancé une pétition contre le meeting d'Eric Zemmour dans son département.
Stéphane Troussel a lancé une pétition contre le meeting d'Eric Zemmour dans son département. — ludovic MARIN / AFP

C’est une visite dont il se serait bien passé. Stéphane Troussel, président du département de Seine-Saint-Denis, a lancé une pétition jeudi pour empêcher la venue d’Eric Zemmour prévu dimanche au Parc des expositions de Villepinte. Initialement programmé au Zénith de Paris, le premier meeting officiel de campagne de l’ancien journaliste a été délocalisé en Seine-Saint-Denis mercredi dernier. Pour accueillir davantage de monde, selon le candidat d’extrême droite, alors qu’élus du 19e arrondissement et syndicats étaient montés au créneau contre cette réunion.

« J’ai souhaité lancer cette pétition pour dénoncer une forme d’hypocrisie et demander des explications au groupe Viparis [le propriétaire du Parc des expositions] », explique Stéphane Troussel. Viparis a en effet signé en 2009 une « Charte de la diversité en entreprise », contraire selon le président du Conseil départemental à la venue d’Eric Zemmour qu’il accuse de « propager des idées haineuses et racistes, et de traîner dans la boue les habitants de Seine-Saint-Denis ». Il rappelle qu’il n’y « a pas d’un côté les enjeux de société et les enjeux économiques ».

« Le racisme et la xénophobie sont des délits »

Stéphane Troussel n’en est pas à ses débuts dans la lutte contre le polémiste d’extrême droite puiqu’avec le département de Seine-Saint-Denis, il était partie civile au dernier procès d’Eric Zemmour où celui-ci était jugé pour avoir qualifié d'« assassins » et de « violeurs » les mineurs non-accompagnés, qui sont sous la responsabilité des départements. « La banalisation des idées d’extrême droite a atteint un niveau jamais égalé, s’alarme Stéphane Troussel. Et j’en vois les dégâts sur le terrain et pour les habitants de Seine-Saint-Denis, notamment en termes des discriminations. Le racisme et la xénophobie sont des délits, ce ne sont pas des opinions. »

Du côté du groupe Viparis, on ne fait « pour l’instant, pas de commentaire ». Mais le groupe n’a pas l’intention d’accéder à la demande du président du département.