Pêche post-Brexit : Annick Girardin et Emmanuel Macron promettent aux pêcheurs français de continuer le combat

BREXIT La guerre franco-anglaise de la pêche continue, au grand dam des Hauts-de-France

J.-L.D. avec AFP
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Annick Girardin est venue en soutien des pêcheurs
Annick Girardin est venue en soutien des pêcheurs — Ludovic MARIN / AFP

Le président Emmanuel Macron et la ministre de la Mer sont montés au front, ce dimanche, pour rassurer les pêcheurs des Hauts-de-France, exaspérés par le différend avec Londres sur les licences post-Brexit​.

Le chef de l’Etat s’est entretenu dimanche au téléphone avec le président du Comité Régional des Pêches, Olivier Leprêtre, pendant une quinzaine de minutes, selon ce dernier. Il lui a rappelé « qu’en aucun cas il ne lâcherait l’histoire des licences attendues et qu’il ne laisserait tomber les pêcheurs français », a rapporté Olivier Leprêtre.

« Continuer le combat »

Emmanuel Macron compte sur la présidence française de l’UE, à partir du 1er janvier, pour « mieux faire entendre la voix des pêcheurs français au sein de l’Europe », a poursuivi le représentant de la filière. « Le fait qu’Emmanuel Macron m’ait appelé directement et personnellement cet après-midi confirme qu’il est très attentif au dossier », s’est félicité Olivier Leprêtre, qui doit tenir un point presse lundi à 17h30 à Boulogne-sur-Mer.

La ministre de la Mer, Annick Girardin, a, elle aussi, assuré ce dimanche les pêcheurs des Hauts-de-France de sa volonté de « continuer le combat » contre Londres sur les licences post-Brexit, après des déclarations qui avaient suscité leur colère cette semaine. « On continuera le combat tel qu’on l’a annoncé, a-t-elle déclaré à l’issue de la rencontre au Cap-Gris-Nez (Pas-de-Calais). Nous nous battons au quotidien pour ces bateaux, pour ces licences et on ne lâchera rien du tout. L’interprétation que font les Anglais de nos dossiers est inadmissible et ne répond pas à la bonne volonté de la France. »

« Ciblé pour emmerder l’économie anglaise »

Les représentants des pêcheurs ont cependant fait savoir après la rencontre qu’ils restaient déterminés à mettre en place des mesures pour manifester leur mécontentement. « Les pêcheurs vont bouger. Je crois qu’ils ont été suffisamment patients. Ça fait quand même onze mois qu’ils attendent », a ainsi affirmé Olivier Leprêtre, le président du Comité régional des pêches Hauts-de-France.

« Ça sera ciblé. Pas pour emmerder notre économie ou n’importe quoi. Ça sera plutôt pour emmerder l’économie anglaise », a expliqué Bruno Margollé, président de la coopérative maritime Etaploise.

80 % des dossiers réglés

Annick Girardin avait évoqué jeudi l’indemnisation possible des pêcheurs français qui se retrouveraient sans licences de pêche dans les eaux britanniques à cause du Brexit, ce qui avait été vécu comme un aveu de « défaite » par les professionnels de la filière.

« Ils ont aujourd’hui compris quelle était ma position et à nouveau compris que la ministre de la Mer était à leurs côtés », a-t-elle estimé. Annick Girardin a souligné que « 80 % des dossiers » étaient réglés avec « plus de 960 licences » de pêche accordées. « Mais j’ai toujours dit qu’on ne devait laisser personne sur le bord du quai », a-t-elle souligné.

Peur sur la mer

« Aujourd’hui, les Britanniques sont en train de faire du pointillisme exagéré et exaspérant », a pour sa part déclaré le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, sur LCI ce dimanche, promettant lui aussi de se « battre licence après licence, bateau après bateau ».

« C’est un test que fait le Royaume-Uni à l’égard de l’UE et il faut que l’UE exige le respect de l’accord [sur la nouvelle relation post-Brexit], a-t-il ajouté. S’ils ne le respectent pas, il y a des procédures qui vont suivre. »

Le président Emmanuel Macron avait tenté vendredi de rassurer les pêcheurs. « Nous ne lâcherons pas nos pêcheurs » et « avant Noël, la France aura pris une position », avait-il assuré. Onze mois après le Brexit, environ 150 bateaux français attendent toujours les autorisations pour poser leurs filets dans les eaux britanniques. Alors que les négociations entre Bruxelles et Londres piétinent, Annick Girardin avait annoncé jeudi qu’une enveloppe « de 40 à 60 millions d’euros » pourrait être débloquée pour mettre en place un plan de sortie de flotte.