Présidentielle 2022 : « Nous sommes la plus grande fédé du parti ! » Les jeunes LR convoités par les candidats à l’investiture

REPORTAGE Les cinq candidats au scrutin interne des Républicains tentent de mobiliser les 13.000 jeunes adhérents du parti avant le vote en congrès pour désigner le candidat de la droite à la présdentielle

Thibaut Le Gal
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Michel Barnier aux côtés de responsables des Jeunes Républicains.
Michel Barnier aux côtés de responsables des Jeunes Républicains. — TLG/20minutes
  • Les Républicains désigneront leur candidat à la présidentielle lors d’un vote des militants en congrès organisé début décembre.
  • Avec 13.000 adhérents revendiqués, les Jeunes Républicains représentent la première fédération du mouvement.
  • Les candidats tentent de séduire la jeunesse ces dernières semaines, à l’image de Michel Barnier, lors d’un meeting devant les jeunes LR en début de semaine à Paris.

Au siège des Républicains vers 20 heures mardi, une petite foule attend l’arrivée de  Michel Barnier. L’ancien commissaire européen est le quatrième des cinq candidats au congrès LR en vue de la présidentielle à passer son grand oral face à la jeunesse du parti. La salle se remplit lentement pour écouter l’ancien ministre de 70 ans. Dans l’assistance, les personnes présentes ne dépassent guère les 25 printemps.

« Comme dit Mbappé, "moi tu m’parles pas d’âge", ironise, Samuel, 19 ans. Il a de l’expérience, et l’important, c’est son programme, notamment pour la jeunesse. Je suis venu car je n’ai pas encore fait mon choix », glisse le jeune homme, encarté depuis janvier. Comme lui, les adhérents auront à se décider début décembre pour désigner le candidat de la droite et du centre. En grossissant leurs rangs ces derniers mois, les Jeunes Républicains sont devenus un objet de convoitise dans la course au congrès.

Les Jeunes Républicains, un bataillon de 13.000 membres

« Nous sommes passés de 1.500 à plus de 13.000 membres en un an, ce qui fait de nous la plus grande fédération du parti*. Les différents candidats ne s’en étaient pas forcément rendu compte au début de la campagne. Mais ils ont vite compris que le vote des jeunes aurait un impact », sourit Guilhem Carayon, patron des Jeunes Républicains de 22 ans. Devant une cinquantaine de personnes, Michel Barnier tente donc de mettre la jeunesse dans sa poche.

« J’ai été très touché de l’accueil que vous m’aviez réservé au parc Floral fin septembre. Vous avez rendu un grand service à votre famille politique, car ces images ont été un déclencheur du dynamisme de cette campagne », assure l’ex-Monsieur Brexit. « Je vais avoir besoin de vous, et pas que pour coller des affiches, mais pour porter les idées du prochain quinquennat. Il y aura du travail et des responsabilités pour tout le monde, auprès des ministres, des parlementaires… », promet-il d’une voix posée.

A chaque candidat son comité de jeunesse

Dans la dernière ligne droite, chaque camp essaye de mobiliser au maximum, en structurant notamment leur comité de jeunesse. Dimanche dernier, 535 jeunes LR, issus de 75 départements différents, ont signé une tribune dans le JDD pour apporter leur soutien à Valérie Pécresse. « Elle n’a pas attendu le scrutin pour s’intéresser à la jeunesse et faire des propositions sur l’enseignement supérieur, la lutte contre la précarité ou l’écologie. Elle a déjà un bilan régional sur ces thématiques » assure Valentin Vella, l’un des signataires. « Les jeunes auront leur importance, car ils représentent environ 8 % des 150.000 adhérents qui peuvent voter, et ce sont généralement des militants qui s’investissent pleinement dans les campagnes », ajoute-t-il.

Un constat partagé chez les soutiens de Xavier Bertrand. « Il est très important d’avoir un mouvement jeune structuré, pour aller sur le terrain coller des affiches, participer aux idées, ou faire entendre la voix du candidat par le tractage ou le porte-à-porte », abonde Théo Michel, 27 ans, secrétaire général des Jeunes Républicains. « Par ailleurs, les jeunes ont faim de propositions, et d’une vision pour la France. Xavier Bertrand incarne cela et reste le mieux placé pour battre Emmanuel Macron ».

Du côté des Jeunes avec Eric Ciotti, on assure que la ligne du député des Alpes-Maritimes est plus en phase avec la jeune base militante. « La sécurité est un thème prioritaire et, là-dessus, c’est clairement lui qui se démarque. Les jeunes sont toujours un peu plus radicaux, et je pense que Ciotti les séduit par ses convictions tranchées », veut croire Paul Gallard, 23 ans.

« Les jeunes sont sensibles à la fidélité au parti »

Michel Barnier face aux jeunes LR, au siège du parti.
Michel Barnier face aux jeunes LR, au siège du parti. - TLG/20minutes

Mardi soir à Paris, comme lors de chaque oral, Michel Barnier présente longuement son projet dans un silence de cathédrale. Puis la salle l’interroge sur le protectionnisme industriel, l’immigration, l’écologie, ou encore l’islamisme. Après deux bonnes heures, Julien**, 18 ans, est séduit. « Barnier a l’expérience des ministères et de la commission européenne. Il souhaite revaloriser le tissu associatif et insiste sur l’importance du sport, c’est important pour moi. Et surtout, il n’a jamais trahi sa famille politique… »

Pour Guilhem Carayon, qui ne prendra pas parti dans la course à l’investiture, ce critère pourrait faire la différence, même si Valérie Pécresse et Xavier Bertrand sont revenus au bercail. « Il est aujourd’hui difficile de dessiner un rapport de force entre les candidats. Mais les jeunes sont sensibles à la fidélité au parti. »

*Les Jeunes Républicains comprennent les adhérents âgés de 16 à 35 ans. Ils devancent en nombre l’ensemble des fédérations départementales.

**Le prénom modifié.