Présidentielle 2022 : « Ma candidate, c'est Marine Le Pen, le reste, ce ne sont que des rumeurs », défend Stéphane Ravier

INTERVIEW A la veille d’un déplacement de Marine Le Pen dans les Bouches-du-Rhône, le sénateur RN Stéphane Ravier dément les rumeurs d’un ralliement à Eric Zemmour

Propos recueillis par Mathilde Ceilles
— 
Stéphane Ravier en 2021
Stéphane Ravier en 2021 — Martin Bureau / AFP
  • Dans sa dernière édition, le Journal du Dimanche affirmait que Stéphane Ravier, sénateur RN marseillais, songeait à rallier Eric Zemmour, après s’être vu refuser l’accès au bureau exécutif.
  • S’il ne cache ni sa déception de ne pas faire partie du bureau exécutif du RN, ni sa sympathie pour le polémiste, le sénateur RN marseillais affirme auprès de 20 Minutes qu’il soutiendra Marine Le Pen pour la prochaine présidentielle.

Sa photo s’est retrouvée en bonne place dans les pages du dernier Journal du Dimanche, qui annonçait un transfuge imminent du sénateur RN des Bouches-du-Rhône vers Eric Zemmour. A la veille d’un déplacement de Marine Le Pen ​dans le département, Stéphane Ravier revient auprès de 20 Minutes sur ces rumeurs, et dément tout ralliement au polémiste, pour lequel il ne cache toutefois pas sa sympathie.

Dans sa dernière édition, le JDD affirme que vous songez à rallier Eric Zemmour. Qu’en est-il ?

Je serai avec Marine Le Pen. Ma candidate, c’est Marine le Pen. Le reste, ce ne sont que des rumeurs. J’ai participé à l’organisation de sa venue, d’abord vendredi dans les Bouches-du-Rhône, puis samedi à Marseille. Je l’accompagnerai d’ailleurs lors de sa visite du site d’Iter.

Comment expliquez-vous ces rumeurs ?

C’est sans doute une stratégie de l’équipe de mon concurrent. La rumeur a été lancée par une tierce personne dont on ne connaît pas le nom, et depuis, elle court, elle court, la rumeur ! Il est vrai que mon discours depuis le début n’a pas changé, tant sur le fond que sur la forme, et qu’il correspond à celui d’Eric Zemmour. Mais je dis plutôt à Eric Zemmour que c’est à lui de rallier Stéphane Ravier !

Vous aviez même affiché votre sympathie à Eric Zemmour, en l’invitant en avril 2019 à un débat au Parc Chanot…

Il garde ma sympathie. Il est dans une phase de dénonciation. Il n’a pas changé dans ses analyses. Mais je salue le courage démontré depuis plusieurs années, et bien antérieur au sien, de ma candidate, pour laquelle je garde cette loyauté et cet attachement. Marine Le Pen n’a pas attendu sa fin de carrière médiatique pour y aller. Pour autant, je ne suis pas de ceux qui vont attaquer Eric Zemmour. Ce n’est pas mon adversaire. Mon adversaire, c’est Emmanuel Macron. Le pays va encore plus mal depuis cinq ans, et ce n’est pas la faute d’Eric Zemmour. Quand Marine Le Pen arrivera en tête du premier tour, il faudra que toute la famille nationale se rassemble.

Un contact a-t-il été établi entre vous et ses équipes, notamment pour organiser sa venue à Marseille la semaine prochaine, comme l’affirme le JDD ?

Il est vrai que je connais plein de gens qui sont dans son équipe, qui, avant, étaient chez nous. Mais on ne m’a pas demandé de participer ou d’être l’organisateur de sa venue. Ils ont du monde pour cela, je crois, vous savez. Enfin, pas grand-chose sur Marseille pour le moment…

Le JDD note que vous étiez un des rares cadres du RN à ne pas vous rendre à Fréjus pour la rentrée politique de Marine Le Pen…

J’étais invité à un mariage, voyez-vous ! [celui de Marion Maréchal-Le Pen]. Ça ne se refuse pas ! J’ai d’ailleurs pu voir le président fondateur. Mais vous savez, il y avait à ce mariage d’autres proches de Marine Le Pen qui font aujourd’hui partie de la campagne. Il ne faut pas y voir une preuve de défiance. Elle m’a d’ailleurs demandé d’organiser sa venue. C’est peut-être une preuve qu’elle me fait confiance !

On vous a barré l’accès au bureau exécutif du RN lors du dernier congrès, en juillet dernier à Perpignan… Avez-vous songé à quitter le parti à ce moment-là ?

Disons que ça ne m’a pas fait plaisir… Mais il faut savoir digérer les mauvaises nouvelles. Je ne vais pas pleurnicher. Si on devait partir chaque fois qu’on est déçu, vous savez…