Macron et Poutine d’accord sur une « désescalade » de la crise migratoire à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne

DIPLOMATIE Depuis plusieurs semaines, des migrants sont bloqués à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, faisant monter les tensions entre Union européenne et Russie

20 Minutes avec AFP
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Illustration d'Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse le 12 novembre.
Illustration d'Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse le 12 novembre. — Yoan Valat/AP/SIPA

Emmanuel Macron et Vladimir Poutine se sont mis d’accord sur une « désescalade » de la crise migratoire à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne​, a annoncé l’Elysée lundi, à l’issue d’un appel d’1h45 entre les présidents français et russe.

« Pas de convergence d’analyse sur l’origine de la crise actuelle »

« Même s’il n’y avait pas de convergence d’analyse sur l’origine de la crise actuelle, le président russe a dit à Emmanuel Macron qu’il comprend la nécessité d’y mettre fin, en premier lieu par respect humain pour des migrants ainsi instrumentalisés », a indiqué la présidence française. « Notre espoir est que ce long entretien pourra dans les jours qui viennent apporter des résultats » sur l’afflux des migrants venus de la Biélorussie à la frontière polonaise, a commenté l’Elysée, indiquant que Vladimir Poutine avait dit qu’il allait « en parler » à son homologue biélorusse Alexandre Loukachenko.

« L’objet de cet appel était de mettre fin à cette crise, sur laquelle la France est pleinement solidaire avec la Pologne », a fait valoir l’Elysée.

Dans l’un des volets de la crise, les présidents français et russe se sont « mis d’accord sur la nécessité d’une désescalade sur le conflit gazier », suite aux menaces faites par Minsk de bloquer le transit de gaz alimentant l’Europe. Emmanuel Macron et Vladimir Poutine se sont aussi entendus, a rapporté l’Elysée, sur « la nécessité de faire un effort sur la situation humanitaire des migrants  en renforçant l’implication du HCR » (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés).

Entre 2.000 et 3.000 personnes, dont des femmes et des enfants, campent depuis plusieurs jours par un froid glacial à la frontière entre ces deux pays d’Europe de l’Est, agglutinés autour de feux de camp ou emmitouflés dans des couvertures. Bruxelles accuse le régime du président biélorusse Alexandre Loukachenko d’avoir orchestré cet afflux pour se venger de sanctions occidentales, en délivrant des visas avec la promesse d’un passage facile en Pologne, pays membre de l’Union européenne et de l’espace Schengen.

Mais pour empêcher de potentielles intrusions sur son territoire, Varsovie a déployé ces derniers jours plus de 15.000 militaires pour appuyer ses policiers et gardes-frontières, et érigé une clôture surmontée de fils de fer barbelé.