Marseille : Une « marche des pères pour l'égalité parentale » s'élance jusqu'à Paris pour plus d'égalité dans les gardes d'enfants

SEPARATION Dix membres de ce collectif, dont deux femmes, s’élancent ce mercredi de Marseille (Bouches-du-Rhône) dans « une marche des pères » jusqu’à Paris pour une garde alternée égalitaire des enfants

Alexandre Vella
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La garde des enfants, un sujet souvent conflictuel dans les divorces
La garde des enfants, un sujet souvent conflictuel dans les divorces — GILE Michel/SIPA
  • Dix personnes, huit hommes et deux femmes, partent ce mercredi de Marseille pour marcher jusqu’à Paris.
  • Leur idée : relancer le débat sur une garde égalitaire des enfants.
  • Un sujet qui revient régulièrement sur la scène médiatique et parlementaire ces dix dernières années.

Ils s’appellent Damien, Rémy, Magalie, Sylvain ou encore Sandrine et s’apprêtent à aller à Paris à pied avec cinq autres compagnons de route. Huit cents kilomètres d’une «  marche des pères pour l'égalité parentale », au départ de Marseille, afin de « faire avancer la justice familiale », explique Rémy. « En France, la garde alternée n’est prononcée que dans 12 % des cas par les juges des affaires familiales, contre près de 46 % en Suède ou 30 % en Norvège », détaille-t-il, chiffres de l'Insee à l’appui.

Par cette marche, le collectif, créé en janvier 2020 souhaite remettre sur la scène médiatique et parlementaire un débat qui divise régulièrement la vie politique française. En 2013 déjà, cette proposition était arrivée sur le bureau des députés avant de se prendre un stop du gouvernement d’alors. Rebelote en décembre 2017, où une proposition de loi venant du Modem et visant à instaurer la garde alternée des enfants comme principe de base s’est embourbée sur les bancs du Parlement. Cette dernière avait suscité une levée de boucliers d’un collectif féministe.

Une proposition qui revient régulièrement

« Selon le ministère de la Justice, 18,8 % des pères font la demande de la résidence alternée, et 17,3 % d’entre eux l’obtiennent. Cette loi écrite sur un coin de table ne concernera donc que 1,5 % des couples », détaillait, entre autres, ce collectif dans une tribune publiée dans le journal Le Monde.

Ceux qui s’élancent ce mercredi de Marseille reprennent cette proposition et y adjoignent deux autres : un renforcement de la loi contre la non-représentation d’enfant et des mesures contre l’éloignement géographique volontaire. Leur initiative a trouvé quelques soutiens politiques, parmi lesquels Nathalie Delattre (Mouvement radical), vice-présidente du Sénat. Deux propositions de loi à propos de la garde alternée sont actuellement dans le circuit législatif. La dernière en date, enregistrée en février 2021, énonce qu’à « défaut d’accord entre les parents sur le mode de résidence de l’enfant, le juge fixe prioritairement l’hébergement de l’enfant de manière équilibrée entre ses deux parents ».

En juin dernier, à ce propos, le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, dans une séance au Sénat a indiqué qu’il n’estimait pas « pas nécessaire de légiférer en la matière », le juge appréciant « au cas par cas l’intérêt de l’enfant ».

En France, quatre millions d’enfants ont des parents qui sont séparés.