Coronavirus, réformes, relance... Ce que pourrait annoncer Emmanuel Macron mardi

ALLOCUTION Mardi, lors de son allocution, le chef de l'Etat devrait évoquer la situation sanitaire du pays mais pas que 

Manon Aublanc
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Emmanuel Macron, lors de son allocution le 24 novembre 2020.
Emmanuel Macron, lors de son allocution le 24 novembre 2020. — Jacques Witt/SIPA
  • Alors que la reprise épidémique se confirme en France, Emmanuel Macron s’exprimera, devant les Français, mardi 9 novembre à 20 heures.
  • Le chef de l’Etat devrait également aborder d’autres sujets, comme les réformes à venir et la situation économique du pays.
  • Situation sanitaire, vaccination, port du masque, pass sanitaire, réforme des retraites… « 20 Minutes » fait le point sur les sujets attendus.

Après plusieurs mois sans prendre la parole, Emmanuel Macron s’exprimera devant les Français mardi 9 novembre à 20 heures. Si le président de la République va évidemment faire le point sur la reprise de l’épidémie de coronavirus, il devrait aussi évoquer les futures réformes et la relance économique.

Lors de sa dernière allocution, le 12 juillet dernier, Emmanuel Macron avait annoncé l’obligation vaccinale des soignants, l’extension du pass sanitaire et la fin de la gratuité des tests PCR. Cette fois-ci, le chef de l’Etat pourrait évoquer la troisième dose, le port du masque ou encore la réforme des retraites. A quelques jours de sa prise de parole, 20 Minutes fait le point.

Reprise de l’épidémie

Lors de son allocution, qui reprendra le « même format » que la précédente, Emmanuel Macron fera le point sur la situation sanitaire, alors que l’épidémie repart à la hausse partout en France. « L’Europe est redevenue l’épicentre de l’épidémie » avec des « reprises parfois spectaculaires (…) En France, nous constatons une reprise, légère à ce stade mais certaine », a mis en garde le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, vendredi. Ces dernières 24 heures, 8.998 nouveaux cas ont été enregistrés, contre 4.000 en moyenne début octobre, selon les chiffres de Santé Publique France, publiés vendredi. Le taux de positivité, lui, a atteint 2,4 % sur les sept derniers jours, contre 1,9 % la semaine dernière.

Autre indicateur : le taux d’incidence. Ce dernier, qui rapporte le nombre de nouveaux cas à l’ensemble de la population, était déjà en hausse de 12 % la semaine du 25 octobre. « Ce taux d’incidence est en hausse pour la troisième semaine consécutive », explique Nicolas Methy, épidémiologiste à Santé Publique France. Enfin, le taux de reproduction, qui mesure le nombre moyen de cas secondaires provoqués par une seule personne infectée, est « au-dessus de 1 » depuis trois semaines également.

Vaccination et troisième dose

Pour stopper l’épidémie, le gouvernement compte très certainement sur la vaccination massive, mais aussi sur la troisième dose. Si la France est en avance sur nombre de ses voisins, avec près de 75 % de sa population ayant reçu un schéma vaccinal complet, la cadence de l’été est retombée. Du côté de la troisième dose - qui concerne les plus de 65 ans, les personnes à risque comme les obèses ou les diabétiques, les personnes immunodéprimées et leur entourage et le personnel soignant –, seuls 3,2 millions de Français sur les 6,8 éligibles ont reçu l’injection, soit 45 % des Français concernés, selon les chiffres de Santé Publique France, publiés jeudi.

Emmanuel Macron va-t-il aller encore plus loin et rendre la dose de rappel obligatoire pour l’ensemble des personnes vaccinées de plus de 18 ans ? Pour le moment, l’exécutif semble privilégier le conditionnement du pass sanitaire à une troisième dose de vaccin.  En déplacement vendredi à Montpellier, le Premier ministre Jean Castex a affirmé que l’exécutif réfléchissait à cette piste « sans doute plus que la piste de la vaccination obligatoire pour les plus de 65 ans ».

Port du masque

A partir de lundi, le masque sera de nouveau obligatoire dans les écoles primaires de 39 départements, « où le taux d’incidence s’est malheureusement restabilisé au-dessus de 50 pour 100.000 habitants », a déclaré Gabriel Attal, mercredi à l’issue du Conseil des ministres. En comptabilisant les départements où le masque était encore obligatoire dans les établissements scolaires, ce sont désormais 57 départements métropolitains et quatre territoires ultramarins (Réunion, Guadeloupe, Martinique, Guyane) qui sont concernés. Si la situation épidémique continue de se dégrader, d’autres départements pourraient être concernés par cette mesure.

Et les écoliers ne sont pas les seuls concernés. Dans certains départements, tels que l’Hérault, le port du masque n’est plus obligatoire dans les établissements exigeant le pass sanitaire, comme les cinémas, les centres commerciaux ou les musées. Mais cette mesure pourrait bientôt être levée par le gouvernement.

Réformes et relance économique

Si le coronavirus devrait être le sujet majeur de la prise de parole d’Emmanuel Macron, le chef de l’Etat évoquera également la relance économique et « les réformes conduites dans le pays », a confirmé Gabriel Attal, vendredi, sans donner plus de précisions. Le chef de l’Etat devrait aborder la réforme des retraites, suspendue au début de l’épidémie, qui doit être relancée dès que « les conditions sanitaires seraient réunies ».

Le 12 juillet, lors de sa dernière allocution, Emmanuel Macron avait confirmé la mise en œuvre de la réforme de l’assurance-chômage, annoncé le plan France 2030 et « un revenu d’engagement » pour les jeunes, devenu mardi un « contrat d’engagement ».