Lyon : Interpol, source du nouveau bras de fer entre le maire Grégory Doucet et Gérald Darmanin

PRISE DE BEC Le ministre de l’Intérieur reproche aux collectivités lyonnaises de tarder à financer le projet d’extension d’Interpol, et les met en garde sur un éventuel départ à l’étranger de l’organisation mondiale

Caroline Girardon
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Le siège d'Interpol est installé à Lyon depuis 1989.
Le siège d'Interpol est installé à Lyon depuis 1989. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK AFP
  • Le siège mondial d’Interpol (organisation mondiale de police) est à Lyon depuis 1989.
  • La structure, aujourd’hui trop à l’étroit dans ses locaux, souhaiterait pouvoir s’agrandir. Un projet qui traîne.
  • Gérald Darmanin a enjoint les collectivités lyonnaises à mettre la main au portefeuille, ce que n’a pas spécialement apprécié le maire de Lyon, qui a dénoncé « un coup de com ».

Interpol, dont le siège est implanté à Lyon depuis 1989, pourrait-elle quitter les quais Charles-de-Gaulle ? L’organisation mondiale de police est trop à l’étroit dans ses locaux. Elle accueille aujourd’hui plus de 700 agents, contre 250 il y a 30 ans. Seulement, le projet d’extension traîne. Trop au goût de Gérald Darmanin. Le ministre de l’Intérieur, qui s’était déjà écharpé avec le maire de Lyon sur le déploiement de caméras de vidéosurveillance, n’a pas manqué de mettre une fois de plus la pression sur Grégory Doucet.

Le locataire de la place Beauvau lui a envoyé un courrier, mardi, pour le mettre en garde d’un éventuel départ de l’institution policière. La missive, relayée par Le Progrès, a également été adressée à Bruno Bernard, président de la métropole de Lyon, et à Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Plusieurs pays sur les rangs

« Plusieurs pays, en particulier les Émirats arabes unis, se sont positionnés pour financer et accueillir la direction exécutive des services de police. Ce transfert ne laisserait à Lyon dans un premier temps qu’une coquille symbolique, précédant de peu un départ inéluctable du siège », rappelle-t-il, enjoignant les collectivités à mettre l’argent nécessaire pour financer cette extension, estimée à 40 millions d’euros au bas mot.

Le maire de Lyon a réservé sa réponse au micro d’Europe 1. « Ce n’est pas comme cela que ça marche », s’est agacé l’écologiste, expliquant n’avoir aucun dossier « entre les mains ». « Vous connaissez un investisseur privé qui mettrait de l’argent sur la table sans savoir sur quoi il va investir ? Quand il s’agit d’argent public, on doit être encore plus rigoureux, souligne-t-il. Cela relève de l’amateurisme, ou alors c’est un coup de com' politique. »

Réponse exigée avant le 23 novembre

L’élu, qui se dit « attaché » à ce qu’Interpol reste à Lyon, n’a pas manqué de soulever la question de la future présidence de l’institution. Le général émirati Ahmed Nasser Al-Raisi, candidat au poste, fait actuellement l’objet d’une plainte pour actes de torture.

De son côté, Laurent Wauquiez s’est dit « prêt à participer à l’effort collectif » à condition que les deux autres collectivités participent « dans les mêmes proportions » au financement de cette extension. Il va toutefois falloir se décider rapidement. Le ministre de l’Intérieur leur a donné un ultimatum : réponse attendue avant le 23 novembre.