Présidentielle 2022 : Leurs forces, leurs faiblesses… Qui sont les cinq candidats au congrès Les Républicains ?

CAMPAGNE Les militants LR choisiront leur candidat à la présidentielle lors d’un vote en congrès début décembre

T.L.G.
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Xavier Bertrand et Valérie Pécresse.
Xavier Bertrand et Valérie Pécresse. — Philippe HUGUEN / AFP
  • Les adhérents Les Républicains devront choisir leur candidat à la présidentielle lors d’un vote en congrès début décembre.
  • Cinq candidatures ont été validées par le parti : celles de Michel Barnier, de Xavier Bertrand, de Valérie Pécresse, d’Eric Ciotti et de Philippe Juvin.
  • 20 Minutes revient sur les forces et faiblesses de chaque candidat.

Qui portera le drapeau de la droite et du centre pour la présidentielle ? Les Républicains ont validé ce jeudi les candidatures de cinq prétendants * au congrès du mouvement, organisé du 1er au 4 décembre prochains.

Les quelque 100.000 adhérents auront donc le choix entre l’ancien négociateur du Brexit Michel Barnier, les présidents de région Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, le député Eric Ciotti et le maire Philippe Juvin. Quelles sont les forces et les faiblesses de chacun des candidats ? On fait le point.

Michel Barnier, 70 ans, la force tranquille

Michel Barnier rêve--t-il de l'Elysée ?
Michel Barnier rêve--t-il de l'Elysée ? - ERIC PIERMONT / AFP

C’est le favori qu’on n’attendait pas. L’ancien négociateur du Brexit s’est lancé dans la course cet été sans faire trop de bruit. « Je veux être le président de la réconciliation des Français », dit-il. Au fil des semaines, l’ex-élu savoyard a su convaincre. Des cinq candidats, c’est lui qui obtient le plus de soutiens de parlementaires (une soixantaine) comme de présidents de fédération LR (près de 30). Ses adversaires le reconnaissent : si le vote avait lieu aujourd’hui, il remporterait le scrutin.

Ses atouts : l’expérience et la fidélité. Ses soutiens louent son expérience internationale et gouvernementale, le peignant en « Joe Biden français ». Surtout, l’ex-commissaire européen mise sur sa fidélité au parti, lui qui n’a – malgré un « oubli » de cotisation en 2019 – jamais quitté LR, contrairement à ses principaux concurrents Valérie Pécresse et Xavier Bertrand.

Sa faiblesse : les sondages. Michel Barnier est à la traîne dans les enquêtes d’opinion (moins de 10 %), loin de Xavier Bertrand – autour de 15 % –, et encore très loin d’une qualification au second tour.

Xavier Bertrand, 56 ans, le mal-aimé

Xavier Bertrand, face à lui-même.
Xavier Bertrand, face à lui-même. - PATRICK GELY/SIPA

Parti très tôt dans la course à l’Elysée, le président des Hauts-de-France a longtemps été favori à droite. Mais ses altermoiements stratégiques (sa participation au congrès, son retour au parti…) et l’émergence d’Eric Zemmour ne lui ont pas permis de tuer le match dans les sondages. « Je suis dans la position du challenger », dit-il désormais. L’ancien agent d’assurances assure être le seul à pouvoir battre Emmanuel Macron en mai prochain.

Ses atouts : son envie et ses sondages. A l’inverse de Michel Barnier, Xavier Bertrand est donné régulièrement dans les enquêtes d’opinion à seulement quelques points du second tour de la présidentielle, et le plus à même de l’emporter ensuite face à Emmanuel Macron. La perspective d'un vote utile, comme sa ténacité et son travail de terrain auprès des adhérents, pourraient payer début décembre.

Sa faiblesse : l’image du « traître ». De nombreux militants lui reprochent d’avoir quitté le navire en décembre 2017, sur fond de dissensions avec le président LR de l’époque – et chouchou des adhérents – Laurent Wauquiez. Sa stratégie en solitaire des derniers mois pourrait aussi avoir laissé des traces.

Valérie Pécresse, 54 ans, la solidité du projet

Valérie Pécresse.Le 21/10/2021 à Paris.
Valérie Pécresse.Le 21/10/2021 à Paris. - Jacques Witt/SIPA

La présidente de l’Ile-de-France traverse cette campagne à bas bruit. Ni favorite, ni jamais totalement distancée dans les sondages. Depuis qu’elle a déclaré sa candidature le 22 juillet, Valérie Pécresse s’est lancée dans un tour de France. « J’ai une furieuse envie de faire les réformes que depuis dix ans, on a mises au placard », répète-t-elle.

Ses atouts : son sérieux et l’appui des sarkozystes. Enarque et haute fonctionnaire au Conseil d’Etat, Valérie Pécresse souhaite mettre « un projet de remise en ordre du pays », élaboré notamment par l’ancien directeur de campagne de François Fillon, Patrick Stefanini. « C’est la seule qui a un programme sérieux, elle est compétente et tenace », salue Brice Hortefeux. Cet appui du très proche de Nicolas Sarkozy, comme les soutiens du sénateur Pierre Charon et de Frédéric Péchenard, ne sont jamais négligeables à droite.

Son point faible : elle n’imprime pas. Entre Michel Barnier et Xavier Bertrand, la chiraquienne peine à exister. « Valérie n’aime pas le buzz, ni se déboutonner pour sortir ses tripes », reconnaît un de ses soutiens. Et son départ de LR en 2019 a-t-il été digéré par les adhérents ?

Eric Ciotti, 56 ans, la barre à droite

Eric Ciotti, à Nîmes le 9 septembre 2021.
Eric Ciotti, à Nîmes le 9 septembre 2021. - J.M. HAEDRICH/SIPA

Le député des Alpes-Maritimes s’est déclaré candidat à la fin du mois d’août, pour porter « clairement, fortement, sans honte » des idées de « droite forte » dans la course à la présidentielle. Eric Ciotti défend une ligne de fermeté sur la sécurité et de l’immigration. «Je suis le candidat de la clarté, du rejet total du macronisme, aucune alliance ni aucun marchandage n’est possible avec ce pouvoir », assure-t-il, défendant notamment la fin du droit du sol et « l’inscription dans la Constitution des origines chrétiennes » de la France.

Son point fort : sa ligne dure. Face à l’émergence d’Eric Zemmour, son positionnement très à droite pourrait convaincre les militants tentés par la candidature de l’ancien chroniqueur de Cnews.

Son point faible : sa ligne dure. Ce positionnement politique est loin de faire consensus au sein du mouvement. Son soutien à Eric Zemmour en cas de duel face à Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle avait été largement critiqué au sein de LR.

Philippe Juvin, 57 ans, le médecin très médiatique

Philippe Juvin, lors du dernier meeting de Valérie Pécresse durant la campagne des régionales, à Boulogne-Billancourt le 19 juin 2021.
Philippe Juvin, lors du dernier meeting de Valérie Pécresse durant la campagne des régionales, à Boulogne-Billancourt le 19 juin 2021. - Jacques Witt/SIPA

Inconnu du grand public il y a encore quelques mois, le maire de La Garenne-Colombes a été propulsé sous les projecteurs lors de la crise sanitaire. Invité régulier des plateaux, le chef de service des urgences de l’hôpital parisien Georges-Pompidou n’a pas manqué d’égratigner la politique sanitaire du gouvernement. Lancé dans la course fin juillet, l’ex-eurodéputé souhaite être le « candidat des services publics » et dénonce notamment la paupérisation du système de santé.

Son point fort : les sujets santé. Le candidat demande notamment la fin des fermetures de lits et le « doublement » du nombre d’infirmières, d’aides-soignants et de médecins « en formation dans les écoles ».

Son point faible : son poids politique. Le médecin réanimateur s’est d’ailleurs qualifié de justesse, en déposant 271 parrainages sur les 250 requis.

* Le candidat et entrepreneur Denis Payre, qui n’a réuni qu’une trentaine des 250 parrainages requis, a annoncé qu’il déposerait un recours auprès de la direction du parti.