Angers : Darmanin veut dissoudre l'association identitaire Alvarium

EXTREME DROITE « J’ai engagé ce jour une procédure contradictoire à l’encontre d’un groupement de fait d’ultra-droite », indique le ministre de l’Intérieur

J.U. avec AFP
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Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.
Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. — Alfonso Jimenez/Shutterstock/SIPA
  • Une procédure est ouverte à l'encontre de l'Alvarium, qui compte «une trentaine de membres» actifs et loue un local privé à Angers.
  • Le maire d'Angers Christophe Béchu salue la future dissolution de cette association qui prône, selon lui, «la haine de l'autre»

Le ministre l’a présenté sur Twitter comme « un groupement de fait d’ultra-droite ». Gérald Darmanin a indiqué jeudi avoir agi en vue de la dissolution de l’association basée à Angers, L’Alvarium. « J’ai engagé ce jour une procédure contradictoire à l’encontre d’un groupement de fait d’ultra-droite, l’Alvarium, situé à Angers, en vue de sa dissolution », a annoncé le ministre de l’Intérieur sur Twitter, ajoutant que les « nombreux faits constatés, les signalements répétés de nombreux élus, dont le maire d’Angers (Christophe Béchu, ndlr), motivent cette action ».

Sur son site internet, l'Alvarium se présente comme une « communauté et un lieu de réunion convivial et militant » menant « une action sociale au service de ceux que l’Etat préfère ignorer ». « Notre association est résolument identitaire, elle promeut la culture angevine, composante de la civilisation française et européenne », est-il écrit sur le site qui liste les « initiatives » : « défense du patrimoine et redécouverte de notre culture locale », « distributions hebdomadaires de vêtements et de nourriture », « initiatives communautaires (potager, bons plans, emplois) » ou « activisme politique pour l’éveil des consciences ».

Plusieurs de ses membres, militants d’extrême-droite, ont été condamnés pour des faits de violences. « Les éléments de fond » seront communiqués « à l’issue » de la procédure contradictoire, a précisé l’entourage du ministre de l’Intérieur.

« Cette association empoisonne la vie des Angevins »

« Je suis très satisfait que le ministre de l’Intérieur ait pu engager ce processus. C’est un message extrêmement fort qui est envoyé : il n’y a pas de place pour les prêcheurs de haine », a déclaré le maire Christophe Béchu, par ailleurs secrétaire général d’Horizons, le nouveau parti d’Edouard Philippe. « Depuis plus de deux ans, ce groupuscule fait parler de lui de manière épisodique. Cette association empoisonne la vie des Angevins », a ajouté Christophe Béchu, énumérant des « actes violents » et des « faits divers qui ont défrayé la chronique et qui avaient en commun la haine de l’autre ». Selon le maire, l’association compte « une trentaine de membres » actifs et loue un local privé, qui fait aussi office de bar, à un sympathisant.

Le député écologiste de Maine-et-Loire Matthieu Orphelin s’est également félicité du lancement de cette procédure que « nous demandions depuis des mois », selon un communiqué sur Twitter.  « Les nombreux agissements, les menaces et faits répétés de violences et d’agressions, commis par les membres de cette association angevine, vont à l’encontre des principes de respect d’autrui, de démocratie et de débats d’idées, et n’ont pas leur place dans notre société », a ajouté celui qui est aussi porte-parole de Yannick Jadot (EELV) pour la présidentielle.