Dominique de Villepin: «Un Président doit faire preuve non de "banane" mais de sagesse»

POLITIQUE L'ex-Premier ministre UMP brocarde l'action de Nicolas Sarkozy en temps de crise...

Avec agence

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Machinations politiques, espionnage et institutions financières complexes sont les ingrédients d'un procès haut en couleur qui se tiendra en 2009 en France, avec pour vedette l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin, accusé d'avoir voulu déstabiliser Nicolas Sarkozy.
Machinations politiques, espionnage et institutions financières complexes sont les ingrédients d'un procès haut en couleur qui se tiendra en 2009 en France, avec pour vedette l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin, accusé d'avoir voulu déstabiliser Nicolas Sarkozy. — Thomas Coex AFP

Dominique de Villepin n’est toujours pas devenu sarkozyste. Dimanche, l’ex-Premier ministre a estimé qu'en cette période de crise, la France avait besoin d'un président qui soit «sage», pas d'un président «survitaminé», en brocardant Nicolas Sarkozy et son action. «Le président de la République, l'institution qu'il représente, doit faire preuve non de “banane”, mais de sagesse», a déclaré Villepin lors de l'émission Dimanche soir politique i-télé/France Inter/Le Monde.

«L'UMP parle à l'UMP»

«Je suis gêné de voir au sein de l'UMP le temps que nous passons à parler à nous-mêmes», a-t-il dit par ailleurs. «Saint-Quentin, c'est l'UMP parle à l'UMP et quand l'UMP parle à l'UMP, c'est le président qui parle à l'UMP», a-t-il poursuivi au sujet de discours de Nicolas Sarkozy dans cette ville de l'Aisne. «Il y a un problème de crédibilité de la parole politique, il faut parler à chaque Français et sortir des batailles partisanes», a-t-il estimé, ajoutant: «Nous ne devrions même pas à avoir à aborder ce type de sujets dans une période de crise.»

Un manque de réformes fondamentales

Dominique de Villepin a aussi mis en garde contre «les réformes inutiles qui n'ont que pour but d'augmenter un tableau de chasse politique déconnecté des besoins de la nation». «Faisons que les réformes qui ne sont pas absolument fondamentales dans cette période pour moderniser la France et pour répondre à la crise soient laissées de côté», a-t-il poursuivi. En revanche, «concentrons toutes nos énergies sur les réformes fondamentales qui permettront à la France de sortir plus forte de la crise», a-t-il dit, citant les mesures en faveur de l'emploi.

Estimant qu'«un bon gouvernement pour un pays, c'est quand chacun sait ce qu'il va faire», il a jugé nécessaire de faire «en sorte que les institutions travaillent ensemble, qu'aucune d'entre elles ne soit susceptible d'écraser l'autre de telle façon que nous puissions nous retrouver surexposés dans la crise, comme le président de la République l'est».