Futur énergétique : Barbara Pompili assure que des décisions sur le nucléaire seront prises « assez vite »

ENVIRONNEMENT De son coté, Gabriel Attal a fustigé les « idéologies » avancée par certains candidats à la présidentielle

M.F avec AFP
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Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, a laissé entendre qu'il était possible de lancer de nouveau chantiers de réacteurs nucléaires, après la publication du rapport RTE.
Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, a laissé entendre qu'il était possible de lancer de nouveau chantiers de réacteurs nucléaires, après la publication du rapport RTE. — PATRICK GELY/SIPA

Au lendemain de sa publication, le rapport du gestionnaire du réseau électrique français RTE suscite de premières réactions dans la classe politique à six mois des présidentielles. Sur la question du nucléaire, Barbara Pompili a indiqué mardi  sur France Inter qu’il fallait « laisser un peu le temps au débat », mais qu’« évidemment, la décision va se prendre assez vite ».

« RTE dit aussi qu’on ne peut plus attendre, qu’il faut lancer très vite les chantiers », a justifié la ministre de la Transition écologique, interrogée sur la possibilité d’annoncer le lancement de nouveaux réacteurs EPR. Des chantiers sur la baisse de la consommation énergétique et le développement des renouvelables, indispensables, « peuvent être lancés sans attendre » et « pour le reste, la décision doit être prise assez vite », a-t-elle insisté.

Ça « secoue un peu le cocotier sur les certitudes des uns et des autres »

La sortie du rapport RTE « secoue un peu le cocotier sur les certitudes des uns et des autres », a également lancé la ministre. Un avis partagé par le porte-parole du gouvernement. « On a entendu beaucoup d’idéologies », « dans un contexte de pré-présidentielle », a ainsi dénoncé Gabriel Attal sur Europe 1, pour qui le rapport « montre qu’arriver à la neutralité carbone en 2050, sortir du pétrole, c’est possible ».

« Ceux qui expliquent qu’on peut se priver des énergies renouvelables, arrêter de construire des éoliennes, voire supprimer les éoliennes, tout comme ceux qui disent qu’on peut sortir brutalement du nucléaire, ils nous promettent une chose : c’est de nous éclairer à la bougie dans les 15 ans qui viennent », a-t-il raillé. Gabriel Attal a visé les écologistes qui, « quand ils ne sont pas d’accord avec des constats, y compris des constats formulés par des experts ou des scientifiques, expliquent que c’est faux, que c’est de la manipulation ».

Jadot « à la limite du complotisme »

Il a jugé « insultant(e) » la réaction de Yannick Jadot qui a dénoncé lundi à propos du rapport de RTE une « manipulation du gouvernement » et « une présentation partielle et donc partiale » du nucléaire en France, fondée « principalement sur une seule trajectoire d’évolution de la consommation électrique ». « On ne peut pas, quand on n’est pas content, parce que ça ne correspond pas à son dogme, jeter le travail qui a été fait par des experts et des responsables », a fait valoir le porte-parole du gouvernement.

« C’est honteux » et « à la limite du complotisme », a insisté la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili sur France Inter. Yannick Jadot, lui, persiste : « Il y a un scénario qui est très mal mis en valeur dans la communication du gouvernement et de RTE, c’est le scénario de sobriété » dans la consommation d’énergie, a-t-il jugé sur LCI. Car « ce que veulent faire le président de la République et le gouvernement, qui sont obsédés par le nucléaire, c’est montrer qu’on ne peut pas agir sur la maîtrise des consommations pour pouvoir imposer l’idée de construire six EPR supplémentaires », a-t-il avancé, accusant le chef de l’Etat d’être « fasciné par les lobbies ».

« On va regarder évidemment l’aspect économique »

RTE a présenté six scénarios de production électrique possibles, allant de 100 % renouvelables en 2050 à un développement volontariste du nucléaire. Le gestionnaire du réseau a aussi conclu que l’essor des renouvelables était indispensable mais que construire de nouveaux réacteurs nucléaires était « pertinent » économiquement.

Outre la réduction des gaz à effet de serre et la sécurité d’approvisionnement, garantis dans tous les scénarios, « on va regarder évidemment l’aspect économique », « la capacité des filières à suivre les chemins proposés par RTE, que ce soit les filières des renouvelables ou les filières du nucléaire », ainsi que l’acceptabilité ou l’évolution des réseaux, a expliqué Barbara Pompili.

Gabriel Attal a confirmé qu’Emmanuel Macron « s’exprimera dans les prochaines semaines » pour expliquer « la stratégie retenue sur notre mix énergétique ». « On veut continuer à investir dans le nucléaire », a-t-il répété, notamment pour « développer » des petits réacteurs dits « SMR » («Small modular reactors »).