Justice : L’Assemblée vote un budget en hausse pour 2022

MOYENS Le budget de la justice devrait atteindre 720 millions d’euros en 2022

20 Minutes avec AFP
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L'hémicycle de l'Assemblée nationale (illustration).
L'hémicycle de l'Assemblée nationale (illustration). — WITT/ SIPA

Après celle de l’an dernier, les députés ont adopté, ce lundi, une nouvelle hausse du budget de la justice en 2022 lors l’examen de la deuxième partie du projet de loi de finances, qui prévoit notamment la création d’une réserve de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ).

Sur fond d’augmentation globale des crédits des ministères régaliens, les voyants sont au vert du côté de la place Vendôme, avec une nouvelle hausse de 8 %, après celle déjà enregistrée en 2021, soit un budget qui sera gonflé de 720 millions d’euros en 2022.

Un budget « très en deçà des besoins »

« Nous n’avons aucune raison d’être dans l’autoflagellation », a grincé le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, alors qu’une partie de l’opposition s’est agacée du satisfecit du Garde des Sceaux comme des députés de la majorité. « On est dans le monde parallèle de la Macronie où tout est parfait où tout va bien », a ironisé l’insoumis Ugo Bernalicis quand le communiste Stéphane Peu a regretté un budget « très en deçà des besoins ».

« La France compte moitié moins de juges et quatre fois moins de procureurs que la moyenne européenne », a rappelé le député communiste. Socialistes et LR ont de leur côté salué une évolution « positive » mais si le groupe PS a choisi d’apporter son soutien au budget, les Républicains ont annoncé voter contre en dénonçant l’absence de « pilotage » au sein du ministère.

Des créations de postes sous Macron

Comme de coutume entre l’exécutif et l’opposition LR, Eric Dupond-Moretti a mis en avant les créations de poste sous le quinquennat Macron au regard de la politique de réduction des dépenses publiques sous Nicolas Sarkozy, mettant en balance les 650 créations de postes de magistrats entre 2017 et 2022 contre la baisse de 102 enregistrée entre 2007 et 2012.

Le ministre de la Justice a en outre profité du vote de ces crédits pour déposer un amendement prévoyant la création d’une réserve pour la PJJ. Elle sera constituée de personnels retraités de la fonction publique (Justice, Armées, Intérieur, Education nationale…), ainsi que de volontaires issus de la société civile, a annoncé le ministre. Elle vise à favoriser l’insertion sociale et professionnelle des mineurs délinquants, a-t-il encore ajouté. La dotation pour cette réserve est de 240.000 euros en 2022.

Davantage de téléphones « Grave Danger »

Si Patrick Hetzel (LR) a jugé l’idée « intéressante », Ugo Bernalicis a considéré qu’elle signait une nouvelle étape dans la « droitisation » de l’action gouvernementale en ouvrant un encadrement de jeunes délinquants par d’ex-militaires. L’élu LFI s’est attiré une volée de bois vert d’Eric Dupond-Moretti – les deux sont habitués des passes d’armes musclées –, qui a fustigé des « polémiques totalement stupides ».

Répondant à un amendement de l’ex-députée LREM Albane Gaillot, Eric Dupond-Moretti a en outre promis que la Justice déploierait « autant de téléphones "Grave Danger" que de besoin ». Trois mille de ces téléphones destinés aux femmes victimes de violences par leur ex-conjoint auront été distribués en novembre.