Présidentielle 2022 : Pour le RIC, contre le pass sanitaire… Qui sont les candidats qui émanent des « gilets jaunes » ?

CAMPAGNE Dans la longue liste des candidats déclarés dans la course à l'Elysée, plusieurs d’entre eux s’inscrivent dans la lignée des « gilets jaunes ». Mais l'espoir d'obtenir les 500 signatures semble mince

Léa Ménard
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Manifestation des « gilets jaunes », en février 2019.
Manifestation des « gilets jaunes », en février 2019. — ISA HARSIN/SIPA
  • La mobilisation des « gilets jaunes » a marqué les esprits. Si le mouvement s’est essoufflé, certaines figures n’ont pas dit leur dernier mot.
  • Jacline Mouraud et Eric Drouet, deux figures de proue du mouvement, souhaitent briguer la présidence de la République.
  • Clara Egger, qui n’est pas une ancienne « gilet jaune » à proprement parler, porte pour sa part un programme qui s’articule autour d’une unique proposition : le référendum d’initiative citoyenne.

Edit du 17 novembre à 12h : A l’occasion du troisième anniversaire du mouvement des « gilets jaunes », nous vous reproposons cet article initialement publié fin octobre 2021.

Si une ribambelle de « petits » candidats se sont déclarés dans la course à l’Elysée, seuls trois d’entre eux sont associés de près ou de loin au mouvement des « gilets jaunes ». A défaut de faire renaître le mouvement sur les pavés, ils espèrent pouvoir peser dans les débats de la présidentielle et porter plusieurs revendications emblématiques, en premier lieu le référendum d’initiative citoyenne (RIC).

A l’exception d’une tentative lors des élections européennes, où les deux listes se revendiquant des « gilets jaunes » ont récolté moins de 1% des suffrages, le mouvement n’a pas réussi à conduire sa mobilisation jusqu’aux urnes. La présidentielle fera-t-elle exception ? « La victoire d’un candidat hors système est tout à fait probable », estimait en mai dernier la journaliste Laetitia Krupa  auprès de 20 Minutes.

Sauf que l’électorat « gilet jaune » est désormais convoité par la plupart des candidats, et notamment Eric Zemmour avec ses propositions sur la suppression du permis à point et le retour aux 90 km/h sur les routes. « Il avait par ses références historiques et littéraires un électorat doté d’un certain capital économique et culturel et il a la nécessité absolue d’élargir le spectre », analyse le spécialiste de l’extrême droite Jean-Yves Camus auprès de nos confrères du Huffington Post.

20 Minutes fait le point sur les candidats qui voient la campagne en jaune.

Clara Egger, candidate à la présidentielle
  • Clara Egger et le RIC

« Avec Clara Egger en 2022, un seul programme : le référendum d’initiative citoyenne,
pour une France apaisée et démocratique. » Le site Internet du mouvement Espoir RIC 2022, créé sous l’impulsion de collectifs citoyens et de l’association Article 3, affiche clairement la couleur. Trentenaire, enseignante-chercheuse en relations internationales aux  Pays-Bas, Clara Egger est coautrice d’un ouvrage sur le sujet aux éditions Fyp. Elle veut mettre en place un « RIC constituant afin de permettre enfin au peuple de prendre le pouvoir » sur tous les sujets. « On a eu un réveil politique sur le fait que notre système politique donne peu de moyens aux citoyens pour décider en dehors des élections », dit Clara Egger à 20 Minutes.

Mais l’universitaire se défend d’être « la » candidate des « gilets jaunes ». « Ça serait de la récupération politique de notre part. » Espoir RIC 2022 est « un mouvement civique », poursuit-elle. « Les gens qui y adhérent font partie de ceux qui ont rendu visible le RIC chez les "gilets jaunes". »

Pour Clara Egger comme pour la plupart des « petits » candidats, la course aux 500 parrainages est un long marathon. « Ce n’est pas évident », admet cellequi a lancé dès l'été un appel aux maires. Elle estime à une trentaine le nombre de promesses de « parrainages effectifs » et à « un peu plus de 120 » celui de soutiens encore à confirmer.

Jacline Mouraud le 14 janvier 2019.
  • Nouvelle tentative pour Jacline Mouraud

    Jacline Mouraud s’est fait connaître dans une vidéo virale publiée sur son compte Facebook en  octobre 2018, quelques semaines avant les premiers rassemblements sur les ronds-points. Si sa première tentative s’est soldée par un échec – lors des dernières municipales, elle a été exclue de la liste qu’elle souhaitait conduire dans le Morbihan –, elle n’a pas renoncé à la politique pour autant et souhaite briguer l'Elysée.

    Dans sa déclaration de candidature, Jacline Mouraud ne fait nulle mention des « gilets jaunes », préférant parler du « peuple des gens ordinaires » qu’elle entend représenter. Elle se revendique toutefois auprès de 20 Minutes du « canal historique » de la manifestation du 17 novembre 2018. Elle propose elle aussi un recours plus fréquent aux référendums, promettant en particulier une consultation sur l’immigration qui se rapproche de celles proposées par les candidats de droite et d’extrême droite. La candidate n’hésite d’ailleurs pas à retweeter Eric Zemmour.

    « Si je n’ai pas ces fameuses 500 signatures, je soutiendrai le candidat qui mettra fin à cette ignominie qu’est le pass sanitaire. De toute façon, ça va être mon critère numéro un. » Jacline Mouraud n’est pas vaccinée contre la Covid-19 et a participé à plusieurs manifestations contre les mesures sanitaires mises en place par le gouvernement.

    Eric Drouet, l'un des leaders des
    • Eric Drouet, de plus en plus discret

    Celui qui a pris ses distances avec le mouvement des « gilets jaunes » en avril 2019 a détaillé son projet pour la présidentielle il y a un an dans l'émission QGTV de la journaliste Aude Lancelin. « Je ne veux même pas me placer en tant que candidat, mais comme porte-parole et arriver avec le programme que tout le monde aura choisi », avait alors précisé Eric Drouet.

    Depuis ? Silence radio, ou presque. Le chauffeur routier de Seine-et-Marne s’est montré de plus en plus discret sur le sujet. Dans un tweet posté le 5 octobre citant la liste des candidats à la présidentielle, le « gilet jaune » a commenté d’un laconique : « Merde je suis encore la ». L’ex- « gilet jaune » reste toujours actif sur les réseaux sociaux : il a récemment créé le groupe Facebook « La France en colère !!! », après la suppression d’un ancien groupe similaire.