Emmanuel Macron défend « l'indemnité inflation » de 100 euros, « plus juste » que la baisse des taxes

POUVOIR D'ACHAT « Tous les pays européens sont en train de le faire, on ne peut pas non plus ne rien faire sous prétexte qu’on est dans une période électorale » a jugé le chef de l’Etat

20 Minutes avec AFP
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Emmanuel Macron, le 22 octobre 2021.
Emmanuel Macron, le 22 octobre 2021. — Aris Oikonomou/AP/SIPA

Le président Emmanuel Macron a défendu vendredi la décision de donner 100 euros à 38 millions de Français pour compenser la forte hausse des carburants en Europe, la jugeant « plus juste et mieux ciblée » que la baisse des taxes. Cette aide n’est « pas liée à quelque cycle politique que ce soit », a-t-il assuré alors qu’une partie de l’opposition lui reproche des « cadeaux » à six mois de la présidentielle.

« Tous les pays européens sont en train de le faire, on ne peut pas non plus ne rien faire sous prétexte qu’on est dans une période électorale. A nos compatriotes qui ont du mal à boucler leur fin de moins, on peut par leur dire, excusez-nous, on attend des échéances », a-t-il répondu.

« Manipuler la TVA n’est pas possible en droit européen »

Une baisse des taxes serait coûteuse pour les finances publiques, « pas ciblée » et « pas très cohérente » en termes de climat. « Ce qu’a décidé le gouvernement, c’est plus juste et mieux ciblé, ils ont raison ! », a-t-il lancé devant la presse à l’issue du Conseil européen et au lendemain des annonces du Premier ministre Jean Castex.

« Manipuler la TVA n’est pas possible en droit européen. Et pour les taxes sur les carburants, nous sommes dans la moyenne européenne. Tous ceux qui appellent à la sagesse sur les finances publiques seraient bien inspirés de regarder combien coûterait cette baisse » qui « serait absolument non ciblée », a-t-il dit.

« On va aller vers une augmentation des prix de l’énergie »

« Mieux vaut un instrument plus ciblé qu’un instrument général », a-t-il conclu, en défendant « un choix d’urgence » que font actuellement « beaucoup de pays européens ». « Les chèques c’est exactement ce qu’il faut faire », c’est « un choix d’urgence, pour répondre à un choc soudain ». « Et on n’avait pas fait assez vite il y a trois ans, je le reconnais très aisément », a-t-il dit, en allusion à la crise des « gilets jaunes » fin 2018.

Mais à plus long terme, « on va aller vers une augmentation des prix de l’énergie et il faut intensifier l’aide à la transition », a-t-il dit, en citant les aides à la rénovation des bâtiments ou pour la conversion des véhicules. Et « la meilleure politique pour défendre le pouvoir d’achat c’est de recréer des emplois et des embauches », a-t-il conclu.