Nouvelle-Calédonie : Important dispositif de sécurité autour du déroulement du troisième référendum sur l’indépendance

INDEPENDANCE Ce scrutin est extrêmement sensible, après deux premiers votes en faveur du maintien dans la France

X. R. avec AFP
— 
Plus de 1400 gendarmes supplémentaires vont être déployés pour sécuriser le bon déroulement du scrutin.
Plus de 1400 gendarmes supplémentaires vont être déployés pour sécuriser le bon déroulement du scrutin. — Alain JOCARD / AFP

2.000 renforts humains, constitués de 1.400 gendarmes dont 15 escadrons de mobiles, d’une centaine de policiers et de 250 militaires. S’y ajoutent en matériel, 160 véhicules, 30 engins blindés et des équipements d’information et de communication ainsi que deux hélicoptères Puma et un avion Casa de l’ armée. Les chiffres ont de quoi faire blêmir, quand on songe que ces forces de sécurité doivent encadrer un scrutin.

C’est pourtant ce dispositif qui va être déployé en Nouvelle-Calédonie, dans le cadre du troisième référendum sur l’indépendance qui doit se dérouler le 12 décembre. « Ce n’est pas un scrutin classique au titre des enjeux et des attentes. Ce dispositif compte deux fois plus d’effectifs que lors du premier référendum en 2018, il se veut rassurant, dissuasif et réactif », a déclaré le général de gendarmerie Christophe Marietti, en charge de l’opération.

La question de l’indépendance est en effet particulièrement sensible sur le « Caillou ». Les renforts ont d’ailleurs « vocation à rester sur le territoire tant que la situation l’exigera », et une cellule dédiée à la cybersurveillance a été mise en place pour endiguer tout appel à la haine ou à la violence sur les réseaux sociaux.

Lors des deux précédents votes, les 4 novembre 2018 et 4 octobre 2020, les 185.000 électeurs calédoniens avaient choisi le maintien dans la France à 56,7 % puis à 53,3 %. Ce troisième scrutin, prévu dans le cadre du processus de décolonisation par étapes de l’accord de Nouméa (1998), est donc capital et s’annonce serré.

Appel au boycott du scrutin

Mais les indépendantistes du FLNKS ont appelé jeudi leurs militants à ne pas participer à ce scrutin crucial, pointant les conditions sanitaires liées à la pandémie de Covid-19. Pire, « le gouvernement s’entête à vouloir faire primer la campagne présidentielle dans le seul but de solder l’Accord de Nouméa sous son quinquennat », affirme le Bureau Politique de la coalition indépendantiste. Pour les indépendantistes, l’Etat français peut utiliser le soutien logistique et médical apporté durant la crise du Covid-19 pour faire campagne.

Cette position du FLNKS suscite des interrogations sur le maintien du scrutin. Mais le haut-commissaire de la République demeure inflexible : « pour le moment, je me contente de l’organiser pour le 12 décembre ».