Budget : Le projet de loi de finances de la Sécurité sociale examiné à l’Assemblée

SECURITE SOCIALE L’opposition de gauche fustige le gouvernement qui n’a jamais porté de loi sur le grand âge et l’autonomie et craint un budget court-termiste

X. R. avec AFP
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Le budget de la Sécurité est toujours en déficit.
Le budget de la Sécurité est toujours en déficit. — Thomas SAMSON / AFP

C’était une loi espérée depuis le début du quinquennat. Finalement, rien ne sera gravé dans le marbre concernant le grand âge et l’autonomie, ce qui agace une bonne moitié de la classe politique. « C’est un peu dommage qu’on n’ait pas réussi à avancer » sur ce texte malgré de nombreuses discussions, reconnaît une députée LREM. « À l’urgence des besoins, je préfère répondre rapidement et concrètement à travers un texte budgétaire plutôt que de reporter la responsabilité sur le prochain gouvernement », se défend Brigitte Bourguignon, la ministre déléguée à l’Autonomie.

Mais justement, beaucoup estiment qu’avec un ministère dédié, on ne devrait pas en être à ce niveau d’urgence. Chez la France Insoumise (LFI), on parle même de « trahison » et de « mensonge », alors que les socialistes s’inquiètent du financement à long terme de la cinquième branche de la Sécurité sociale, dont le budget est examiné cette semaine à l’Assemblée.

C’est justement sur cette branche, dédiée à l’autonomie et la dépendance, que bien des discussions vont achopper. Un « tarif plancher » de 22 euros par heure de prestation pour les services d’aide à domicile doit être instauré le 1er janvier, pour l’aide au maintien chez soi. Côté EPHAD, 10.000 équivalents temps plein doivent être pourvus dans les cinq prochaines années.

Revalorisation salariale pour les personnels soignants

Insuffisant pour « répondre au défi collectif du vieillissement de la population » à gauche. D’autres mesures sont en revanche largement soutenues, comme le remboursement intégral de la contraception pour les femmes jusqu’à 25 ans, la systématisation de la complémentaire santé solidaire pour les bénéficiaires du RSA et du minimum vieillesse, ou encore l’automaticité du paiement des pensions alimentaires par l’intermédiaire de la CAF.

Les députés de gauche et de LREM vont également déposer de nombreux amendements, sur l’accès direct aux orthophonistes ou la reconnaissance des « métiers du lien », comme les aides à domicile. Au cœur du budget, on trouve aussi la revalorisation salariale des personnels soignants, engagée au Ségur de la Santé, et le plan pour la santé mentale, annoncé en septembre par Emmanuel Macron, avec la prise en charge de consultations chez le psychologue.