Présidentielle 2022 : Jean-Luc Mélenchon assume une troisième campagne sans grande nouveauté

LA FORCE DE L'HABITUDE Jean-Luc Mélenchon et ses troupes, réunis samedi pour leur convention à Reims, promettent une campagne présidentielle sans nouveauté majeure par rapport à 2017

B.Ch. avec AFP
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Le leader de La France Insoumise (LFI) et candidat à la présidentielle Jean-Luc Melenchon le 24 septembre 2021.
Le leader de La France Insoumise (LFI) et candidat à la présidentielle Jean-Luc Melenchon le 24 septembre 2021. — AFP

Jean-Luc Mélenchon et ses troupes, réunis samedi pour leur convention à Reims, assument de mener une campagne présidentielle sans nouveauté majeure par rapport à 2017, espérant capitaliser sur leur savoir-faire militant et sur la notoriété du candidat LFI.

Emmanuel Macron, candidat probable pour un nouveau mandat à l’Élysée, n’a probablement pas, pour l’instant, d’inquiétude particulière en ce qui concerne la gauche et La France insoumise, rarement donnée au-dessus des 10 % d’intentions de vote dans les sondages. Mais les Insoumis, qui réunissaient samedi dans le parc des expositions de Reims 1.000 adhérents, affichent une forme de sérénité, forts de leurs expériences de 2012 et 2017. Jean-Luc Mélenchon avait réalisé respectivement plus de 11 % et 19,5 % des voix.

L’avantage de la notoriété

« On ne va pas repartir d’une page blanche », explique le coordinateur de La France insoumise Adrien Quatennens. Après 2017, « c’est un processus cumulatif, ce qui est fait est déjà fait », ajoute-t-il. Avec le risque de ne pas surprendre : « On assume, une campagne n’est pas un objet marketing où tout doit changer », insiste le député du Nord.

C’est d’abord le cas de la construction du candidat Mélenchon. Le personnage est clivant mais il a l’avantage de la notoriété. « Les gens ont vu ce que c’était quand est élu un président qu’ils ne connaissaient pas trois ans auparavant », affirme le directeur de campagne Manuel Bompard, en visant d’emblée Emmanuel Macron.

« Pousser le curseur en intensité »

Derrière Jean-Luc Mélenchon, les troupes vont répliquer les méthodes de la campagne de 2017, comme l’usage intensif des réseaux sociaux et les caravanes dans les quartiers populaires, électorat-cible de LFI mais enclin à l’abstention. « On monte un barnum, une table et des chaises pliantes sur une place d’une cité », explique le député Alexis Corbière, fixant le but d’un million de nouveaux inscrits sur les listes électorales, en particulier des jeunes.

Les Insoumis vantent leurs « habitudes de travail » pour « pousser le curseur en intensité », avec l’apparition de « kits militants » et de « fiches argumentatives » au renfort des porte-à-porte et tractages traditionnels. La nouvelle application « Action populaire » fournit aussi un réseau social interne, tandis que le « parlement de l’Union populaire » viendra en novembre formaliser les soutiens des politiques, syndicalistes et intellectuels.

Une Bible toujours d’actualité

L'« habitude », c’est aussi la promotion de « l’Avenir en commun », le programme considéré comme une Bible en interne et déjà à l’œuvre en 2017. Les Insoumis considèrent que l’essentiel de son contenu est toujours valable pour 2022 et, pour sa ressortie le 18 novembre, l’ont simplement actualisé, notamment avec les 95 propositions de loi des députés.

« A quoi bon changer un programme considéré en 2017 comme le meilleur par diverses ONG ? », s’enorgueillit le coresponsable du programme Hadrien Toucel, sous les applaudissements des conventionnels.

Une nouveauté cependant : sa déclinaison en « plans », des mesures chiffrées pour répondre à diverses urgences sociales, environnementales et démocratiques. Et montrer que Jean-Luc Mélenchon peut bel et bien exercer le pouvoir, malgré la radicalité qu’il prône. Les deux premiers, sur l’alimentation et sur les violences faites aux femmes, ont été présentés samedi.

L’espoir social

Comme en 2017, les Insoumis espèrent ainsi que le thème social s’impose dans la campagne, alors que l’extrême droite a vu son assise médiatique renforcée par l’émergence, en plus de Marine Le Pen, du polémiste Éric Zemmour comme potentiel candidat.

« La question du prix de l’essence, du gaz, de l’alimentation » va être capitale, veut croire la nouvelle présidente du groupe des députés Mathilde Panot, à qui Jean-Luc Mélenchon a passé la main cette semaine à l’Assemblée nationale.

Une autre chose ne change pas : c’est bien Jean-Luc Mélenchon qui va conclure le week-end insoumis avec un meeting dimanche matin.