Présidentielle 2022 : L’afflux d’adhésions à LR peut-il bouleverser le congrès ?

CAMPAGNE Les militants des Républicains désigneront le champion de la droite lors d’un vote en congrès, début décembre

Thibaut Le Gal
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Xavier Bertrand auprès des militants LR.
Xavier Bertrand auprès des militants LR. — Bony/SIPA
  • A l’approche du congrès qui doit désigner le champion de la droite, Les Républicains voient affluer les adhésions.
  • Depuis fin septembre, le mouvement aurait ainsi reçu 10 % de nouvelles adhésions, soit près de 9.000, selon nos informations.
  • Le retour de Xavier Bertrand et de Valérie Pécresse à LR peuvent-ils s’accompagner de militants en leur faveur ?

La bataille à droite est lancée, mais avec combien de bataillons ? La participation de Xavier Bertrand au congrès des Républicains a acté la fin du casting. Le patron des Hauts-de-France aura, début décembre, cinq concurrents pour obtenir l’investiture du parti : Valérie Pécresse, Michel Barnier, Eric Ciotti, Philippe Juvin et Denis Payre, s'ils rassemblent les 250 parrainages requis. Sur le terrain ces derniers jours, chacun tente de mobiliser son camp. Car ce sont bien les militants LR qui, du 2 au 6 décembre, désigneront leur champion pour la présidentielle de 2022. Depuis plusieurs semaines, le parti connaît d’ailleurs un afflux d’adhésions, ce qui pourrait bouleverser le scrutin…

Une hausse de 10 % d’adhésions depuis fin septembre

« Après avoir mangé du pain noir pendant quatre ans, le parti est redevenu une force politique incontournable », salue Daniel Fasquelle, le maire LR du Touquet et conseiller politique de Michel Barnier. « On est aujourd’hui à plus de 87.000 adhérents à jour de cotisation, on a donc une augmentation de 10 % depuis la fin septembre, soit près de 9.000 nouveaux membres », ajoute le trésorier du parti. Une hausse significative, qui devrait s’amplifier dans les prochains jours. Au point de modifier sensiblement les rapports de force début décembre ?

« On n’est pas dans la même situation qu’à la primaire ouverte de 2016, où n’importe qui pouvait payer 2 euros pour participer, même parfois des gens de gauche. Cette fois, ce sont bien des militants qui s’engagent en payant une cotisation de 30 euros », relativise Daniel Fasquelle. Les candidats ont donc un double objectif : faire campagne auprès des 101 fédérations LR et convaincre les sympathisants de droite de prendre leur carte avant la date limite, le 16 novembre.

Avec les retours de Bertrand et Pécresse, le retour de leurs soutiens ?

« Le fait que Valérie Pécresse annonce son adhésion à LR va être un fait déclencheur, veut croire Eric Pauget, député LR des Alpes-Maritimes. Beaucoup de militants et d’élus de Libres ! n’étaient pas ou plus encartés chez LR. Le nombre d’adhésions va donc se poursuivre, je le vois déjà dans ma circonscription », ajoute ce proche de la patronne de l’Ile-de-France. Le micro-parti de Valérie Pécresse, créé en 2017, a sommé ses 10.000 membres revendiqués de prendre au plus vite leur carte chez LR, s’ils ne l’avaient pas déjà. Même stratégie pour Xavier Bertrand et sa Manufacture, car le Nordiste a finalement lui aussi assuré qu’il revenait au sein de son ancien parti.

Chez les pro-Barnier, on est toutefois loin de paniquer. « S’il y avait des dizaines de milliers d’électeurs cachés dans les micro-partis, ça se saurait », ironise Olivier Marleix, député d’Eure-et-Loire et vice-président LR. « Ceux qui reviennent le font globalement de manière spontanée, parce qu’ils souhaitent participer au vote ». Même calme chez Daniel Fasquelle : « Chacun mobilise au maximum son camp, c’est bien normal. On remarque d’ailleurs des petites poussées d’adhésion dans les fiefs des candidats en lice, à Paris [Pécresse], dans les Hauts-de-Seine [Juvin], en Savoie [Barnier] et dans les Alpes-Maritimes [Ciotti]. »

Ces retours de militants font déjà un heureux : le parti lui-même. Avec 30 euros de cotisation par adhérent, la direction LR va collecter une somme rondelette, qui pourra être utilisée dans la future campagne.