Présidentielle 2022 : Darmanin va porter plainte contre Poutou qui affirme que « la police tue »

JUSTICE Le candidat à la présidentielle du NPA a affirmé la veille qu’une « quinzaine de jeunes (étaient) tués par la police annuellement »

20 Minutes avec AFP
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Philippe Poutou, photographié à Bordeaux, le lundi 8 juin 2020.
Philippe Poutou, photographié à Bordeaux, le lundi 8 juin 2020. — UGO AMEZ/SIPA
  • Le candidat NPA à la présidentielle, interrogé sur les violences policières, a affirmé qu’une « quinzaine de jeunes (étaient) tués par la police annuellement ».
  • Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, a annoncé qu’une plainte pour injure publique allait être déposée à son encontre.

Il l’a annoncé sur Twitter. Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé jeudi qu’il allait déposer plainte contre le candidat à la présidentiellePhilippe Poutou (NPA), qui a affirmé la veille qu’une « quinzaine de jeunes (étaient) tués par la police annuellement ».

La plainte sera déposée pour « injure publique », a précisé son entourage.  « La police tue, évidemment la police tue », a affirmé mercredi soir Philippe Poutou sur Franceinfo.

Plusieurs exemples pointés par le candidat

« Steve (Maia Caniço) à Nantes, à Marseille pendant une "manif" des Gilets jaunes une dame qui fermait ses volets, Rémi Fraisse il y a quelques années… Il faudrait voir les chiffres précisément mais dans les quartiers populaires c’est une quinzaine de jeunes qui sont tués par la police annuellement », a-t-il poursuivi. Steve Maia Caniço, un animateur de 24 ans, a disparu après une opération policière destinée à faire cesser une soirée électro en bord de Loire dans la nuit du 21 au 22 juin 2019. Son corps n’a été retrouvé que le 29 juillet. Un sous-préfet et un commissaire de police ont été mis en examen pour homicide involontaire dans ce dossier.

A Marseille début décembre 2018, Zineb Redouane, une Algérienne de 80 ans, est décédée après avoir été atteinte au visage par des éclats de grenade lacrymogène dans son appartement du 4e étage, lors d’une manifestation des « gilets jaunes ». L’enquête, dépaysée à Lyon, est en cours. Rémi Fraisse, un jeune militant écologiste, a été tué par une grenade offensive en 2014 lors de violents affrontements sur le chantier du barrage controversé de Sivens (Tarn). La Cour de cassation a définitivement validé le 23 mars le non-lieu rendu en janvier 2018 en faveur du gendarme ayant lancé la grenade.

Philippe Poutou, conseiller municipal de Bordeaux, était interrogé sur les violences policières à la suite de propos controversés d’un adjoint (LFI) à la mairie de Cachan (Val-de-Marne) sur le sujet.