Présidentielle 2022 : Malgré un retard à l'allumage, le camp Hidalgo veut croire au décollage de la fusée

INVESTITURE La candidate doit être investie par les militants socialistes ce jeudi. De quoi relancer sa campagne après des débuts laborieux ?

Léa Ménard
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Anne Hidalgo en visite au centre social de Chasse-sur-Rhône, le 8 octobre 2021.
Anne Hidalgo en visite au centre social de Chasse-sur-Rhône, le 8 octobre 2021. — Mourad ALLILI/SIPA
  • Anne Hidalgo doit être officiellement désignée, ce jeudi 14 octobre, comme la candidate du PS à l’élection présidentielle par les militants socialistes.
  • Créditée dans les sondages, entre 3,5% et 6,5% des intentions de vote, la maire de Paris n’est pas en position de force à gauche, alors que Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon sont mieux positionnés.
  • Les soutiens de la maire de Paris cherchent à rassurer et souhaitent appuyer sur l’accélérateur pour faire monter en puissance sa campagne d’ici la fin du mois d’octobre.

Qui vient à point à qui sait attendre ? Ces dernières semaines, Anne Hidalgo semble développer une certaine idée de la force tranquille. Tout reste à faire pour la candidate à la présidentielle, toujours à la traîne dans les sondages – elle est créditée de  3,5 à 6,5% des intentions de votes. Si son investiture par le PS ce jeudi ne devrait être qu’une formalité, des mises en doute d’élus socialistes  ici ou là entachent également son début de campagne.

Même Julien Dray y est allé de son commentaire. Le membre du bureau national du PS, s’est montré très critique sur le programme social que pourrait porter Anne Hidalgo, dans l’émission Complément d'Enquête (France 2) courant septembre. Dans l’entourage de la candidate, on élude : ce n’est que « de l’écume » et la candidate est « déterminée », assurent plusieurs de ses soutiens auprès de 20 Minutes, qui soulignent que les sondages ont rarement prédit l’affiche du second tour à six mois du scrutin. « Je n’ai jamais vu, en interne, un soutien aussi fort et net à une candidature. Jamais », s’enthousiasme Pierre Jouvet, porte-parole du PS.

Dans le camp de la candidate, on justifie et revendique un début de campagne « à bas bruit » et « sur le terrain ». « Il faut se donner le temps, on est à six mois de l’échéance », assure la maire de Rennes, Nathalie Appéré. Se déplacer à la rencontre des Français « est absolument indispensable quand on prétend être candidate à la présidence de la République », complète le maire de Nancy, Mathieu Klein. Même si « c’est moins spectaculaire qu’un match de boxe avec Eric Zemmour », ironise-t-il.

La gauche croit en sa chance

De toute façon, « les Français ne sont pas encore concentrés sur l’élection présidentielle », justifie pour sa part le maire de Nancy. « La gauche n’est pas favorite dans cette élection, mais elle peut gagner », affirme également Rémi Féraud, s’appuyant sur le précédent des sociaux-démocrates allemands en septembre.

Le sénateur admet volontiers qu’il « est dur de se faire entendre dans l’hystérie zemmourienne » et face à au « grand nombre de candidats actuels ». Malgré quelques propositions tonitruantes, comme la baisse des taxes sur le carburant ou le  doublement des salaires des enseignants, Anne Hidalgo peine à rendre sa candidature incontournable. Un récent sondage d’Odoxa (commandé par Le Figaro), souligne que les sympathisants de gauche affirment avoir une plus grande proximité avec l’écologiste Yannick Jadot (25 %) et l’insoumis Jean-Luc Mélenchon (24 %), bien loin devant la socialiste à seulement 15 %.

« Pas de panique »

Mais les soutiens d’Anne Hidalgo font bloc et veulent croire en sa bonne étoile. Il n’y a « aucune panique à bord », prend toutefois la peine de rassurer le sénateur Patrick Kanner, rejoint par Nathalie Appéré. Une forme de sérénité martelée par l’entourage de la maire de Paris.

Face à une « ligne de départ très embouteillée à gauche », il n’est pas question de se ranger derrière le candidat des Verts, indique-t-on chez les socialistes. « On pourrait se dire que tout est foutu, qu’on se met derrière Jadot… Non ! Vraiment, ce n’est pas du tout l’esprit qui règne dans l’équipe de campagne », car, d’après Patrick Kanner, rien n’est encore joué. « On est dans une phase où chacun montre ses muscles », même si « la gauche en confetti, c’est la gauche battue, très clairement », pronostique-t-il.

Pierre Jouvet estime qu’il n’est pas impossible que le scrutin présidentiel réserve des surprises. Le ticket d’entrée pour le deuxième tour pourrait être, d’après lui, plus accessible que prévu, avec un seuil de qualification potentiellement « aux alentours de 15 ou 16 % ».

Le PS dévoilera l’affiche de campagne de sa candidate à l’annonce des résultats dans la nuit de jeudi à vendredi. L’objectif ? Commencer dès ce week-end les distributions de tracts et d’affiches un peu partout en France. Une convention d’investiture aura ensuite lieu à Lille, sur les terres de Martine Aubry, le 23 octobre prochain. Un nouveau « top départ » pour la campagne d’Hidalgo, avec l’espoir d’un nouvel élan pour déjouer les pronostics.