« France 2030 » : L’opposition critique la « propagande » Macron avec son plan d’investissements

BUDGET A droite comme à gauche, les représentant politique dénonce une « euphorie dépensière » en période pré-électorale

M.F avec AFP
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Emmanuel Macron a été vivement critiqué après l'annonce de son plan d'investissement "France 2030".
Emmanuel Macron a été vivement critiqué après l'annonce de son plan d'investissement "France 2030". — Ludovic Marin/AP/SIPA

Plan de relance ou plan de campagne ? Ce mardi Emmanuel Macron a présenté le plan « France 2030 ». Un projet à 30 milliards d’euros destiné à développer la compétitivité industrielle. Mais pour l’opposition l’objectif de ce plan est tout autre et s’inscrit plutôt dans une démarche électoraliste à l’approche des élections présidentielles. Dès la fin du discours du chef de l’Etat, plusieurs personnalités ont ainsi fustigé de concert une « propagande » d’ un candidat toujours pas déclaré à sa réélection, pour « redorer son blason électoral ».

La présidente du RN Marine Le Pen, candidate à l’Elysée, a ainsi raillé sur Twitter « le "quoi qu’il en coûte, je veux être réélu !"». A gauche, le candidat Insoumis à l’Elysée Jean-Luc Mélenchon a fustigé une « nouvelle journée de propagande macroniste ».

Des investissements coûteux qui s’enchaînent

Plan de relance post-Covid de 100 milliards d’euros en 2020 après le « quoi qu’il en coûte », puis plus récemment investissements exceptionnels pour Marseille, projet de loi de finances 2022 aux dépenses nombreuses et maintenant plan « France 2030 » : Emmanuel Macron a enchaîné ces dernières semaines les grandes annonces et aligne les investissements coûteux.

Le plan de 30 milliards d’euros présenté mardi vise à produire davantage d’ici à 2030 et refaire de la France une « grande nation d’innovation ». « Nous devons augmenter la capacité de l’économie française à croître par l’innovation », notamment pour continuer à « financer notre modèle social », a plaidé le président de la République.

3 milliards pour la santé

Quelque 8 milliards iront au secteur de l’énergie, notamment pour devenir un « leader de l’hydrogène vert » d’ici à 2030 ; 4 milliards seront investis pour développer de nouveaux moyens de transport ; 2 milliards dans des innovations « de rupture » dans l’agriculture ; 3 milliards dans le domaine de la santé, et près de 6 milliards pour « doubler » la production électronique de la France d’ici neuf ans.

« La relance, qui est conjoncturelle, doit s’inscrire dans la durée », a argué le Premier ministre Jean Castex à l’Assemblée nationale, ajoutant qu’il « n’est pas question de s’arrêter là : nous devons poursuivre la logique de transformation, de modernisation à l’œuvre depuis 2017 ». Stanislas Guerini, patron de LREM, a lui aussi applaudi un « choix politique ».

« C’est un budget de farces et attrapes »

Mais l’opposition, de droite comme de gauche, dénonce depuis plusieurs semaines la politique du « candidat Macron » et son « euphorie dépensière » en période pré-électorale. Sur le budget 2022, la copie incomplète du projet de loi a entraîné la semaine dernière les moqueries de l’opposition : « C’est un budget de farces et attrapes. (…) Je n’ai jamais vu ça », avait ironisé Charles de Courson (Liberté et Territoires), qui entame à 69 ans son 29e exercice budgétaire à l’Assemblée nationale.

Mardi, la sénatrice LR Valérie Boyer a dénoncé la stratégie du président de la République qui, selon elle, « parle de la France 2030 pour éviter de parler de la France 2014-2021 ». Le porte-parole des députés socialistes, Boris Vallaud, a, lui, jugé que l’enveloppe annoncée mardi, « c’est à l’évidence trop peu (et cela vient) assez tard », alors que le numéro un d’EELV Julien Bayou a estimé que les annonces « résument finalement les ratés et renoncements » du quinquennat d’Emmanuel Macron.

Le candidat communiste Fabien Roussel a estimé qu'« en finançant son projet par l’emprunt plutôt qu’en taxant les supers profits du CAC40, Emmanuel Macron se fait le promoteur du capitalisme et de la concurrence ».