Nicolas Sarkozy et Barack Obama ont papoté au téléphone

CRISE Le président français espérait une rencontre début avril. Il s'est contenté d'une visioconférence d'une demi-heure ce mercredi après-midi pour parler du G20...

C. L.

— 

La victoire de Barack Obama, premier Noir à accéder à la Maison Blanche, a suscité mercredi une satisfaction quasi-unanime en France, mais relancé aussitôt le lancinant débat sur la représentation de la "diversité" française dans le monde politique.
La victoire de Barack Obama, premier Noir à accéder à la Maison Blanche, a suscité mercredi une satisfaction quasi-unanime en France, mais relancé aussitôt le lancinant débat sur la représentation de la "diversité" française dans le monde politique. — Paul J. Richards AFP/Archives

A défaut d'un tête-à-tête, d'une lettre ou d'un SMS enflammé, il aura eu le droit à un coup de fil en visioconférence. C'est un début. Nicolas Sarkozy et Barack Obama se sont téléphonés, ce mercredi après-midi. «Pendant une demi-heure», a expliqué la présidence. «A quelques jours du sommet du G20 de Londres, les deux présidents se sont entretenus des réponses que la communauté internationale devait apporter à la crise économique et financière».

Selon l'Elysée, Sarkozy et Obama «ont convenu que le sommet du G20 devait avoir des objectifs ambitieux et aboutir à des décisions concrètes, pour définir une nouvelle régulation financière internationale, renforcer la gouvernance économique et soutenir la demande mondiale». Et parce que la rencontre en chair et en os, c'est quand même plus sympa, «les deux présidents se sont également réjouis de leur prochaine rencontre à Strasbourg, dans un cadre bilatéral puis dans le cadre du sommet du 60ème anniversaire de l'Otan».

Mardi, le président américain a affirmé l'importance d'un «cadre réglementaire» pour les flux de capitaux et les instruments financiers qui pourraient poser un risque pour tout le système. «Comment on y parvient, est-ce que cela doit être l'affaire de chacun des gouvernements nationaux pour qu'ensuite on coordonne de manière efficace par-delà les frontières, quelle doit être la part de ce qu'on déclare publiquement, de la transparence, comparé aux restrictions imposées à ces différents instruments..., je pense que tout cela demande encore du travail», a-t-il dit avant de préciser qu'il en parlerait avec Nicolas Sarkozy, avant le sommet du G20 prévu à Londres le 2 avril.

Sarkozy snobé par Obama

Si les deux présidents sont d'accord pour introduire un peu plus de morale dans le monde du capitalisme et de la finance, ils ne s'entendent cependant pas sur la façon de le faire. Alors que Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel plaident pour une «nouvelle architecture financière global», Barack Obama préfère parler de coordination des politiques nationales, soulignant que son administration a déjà commencé à travailler à une nouvelle réglementation.

Un nuage de plus pour Nicolas Sarkozy qui essaie de persuader l'opinion qu'il est «l'ami de Barack Obama» et qu'il joue dans la même cour de récréation: «Le monde est assez vaste on peut être deux, trois ou quatre», dit-il en privé, selon «Le Parisien».

C'est que le président américain tarde à rendre à Nicolas Sarkozy son amitié. Non seulement il ne l'a toujours pas invité à la Maison Blanche, mais il a annulé son déplacement prévu sur les plages du débarquement le 3 avril, et comble du mépris, Barack Obama vient d'envoyer une lettre d'hommage à Jacques Chirac.