Présidentielle 2022 : Pour Edouard Philippe, la réélection d’Emmanuel Macron « n’est pas acquise »

HORIZON L’ancien premier ministre donne une longue interview au « Journal du dimanche » après avoir lancé son parti « Horizon »

R. G.-V.
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Edouard Philippe lors du lancement de son parti, au Havre, le 9 octobre.
Edouard Philippe lors du lancement de son parti, au Havre, le 9 octobre. — ROBIN LETELLIER/SIPA

Au lendemain du lancement de son parti, « Horizon », l’ancien premier ministre Edouard Philippe a mis en garde Emmanuel Macron, estimant que sa réélection « n’est pas acquise ». Dans Le Journal du dimanche, où il donne une longue interview, le maire du Havre confirme « clairement » son soutien au président de la République sortant mais estime qu’il aura « besoin de s’appuyer sur un socle de stabilité pour poursuivre l’effort de transformation de la France ». Ainsi, il veut aider Emmanuel Macron à « élargir sa base » pour lui permettre d’être réélu à l’Elysée, en avril 2022.

Etonnament, à la question de savoir si les adhérents à son parti devront s’engager à soutenir le chef de l’Etat pendant la présidentielle, Edouard Philippe répond qu’il « n’aime pas les pressions » et ne mettra « un pistolet sur la tempe de personne ». L’ancien Premier ministre ne répond pas non plus aux commentaires qui estiment que son parti va plus servir ses intérêts que ceux du président de la République.

Philippe candidat à rien en 2022

Sur sa place en 2022, Edouard Philippe annonce qu’il n’est candidat à rien : à la présidentielle, bien sûr, mais pas plus aux législatives du mois de juin. Il souhaite rester maire du Havre, « le plus beau des mandats ». Il veut en revanche que les réflexions de son parti influencent le programme du futur candidat Macron : « Nos idées ont vocation à alimenter le débat. » L’ancien Premier ministre se fait néanmoins peu d’illusions vu que « le programme, c’est l’affaire personnelle du candidat (…) personne ne peut dicter ses propositions au candidat », dit-il.

En vue de 2022 Edouard Philippe garde donc comme ligne de conduite celle de la loyauté envers Emmanuel Macron qui l’a nommé à Matignon en 2017. Mais une loyauté parfois grinçante. Sur ses relations avec le président de la République lorsqu’il était Premier ministre il n’a pas changé d’avis : elles étaient « d’une grande fluidité et d’une grande confiance ». Emmanuel Macron a-t-il, lui, changé d’avis sur Edouard Philippe ? « Posez-lui la question », répond-il de manière lapidaire.