Barbara Pompili déplore le sexisme à l’Assemblée après s’être fait appeler « madame le ministre »

EGALITE La ministre de la Transition écologique a vu son titre masculinisé par le député LR Julien Aubert, coutumier du fait

M.F avec AFP
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La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a dénoncé des attitudes sexistes survenues lors d'un débat à l'Assemblée nationale le jeudi 7 octobre.
La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a dénoncé des attitudes sexistes survenues lors d'un débat à l'Assemblée nationale le jeudi 7 octobre. — Jacques Witt/SIPA

Doit-on dire « la » ou « le » ministre pour parler d’une femme ? Pour Barbara Pompili, il est évident que c’est la première proposition qui l’emporte. Seulement tout le monde à l’Assemblée ne semble pas vouloir utiliser cette règle grammaticale. Lors d’un débat agité sur les éoliennes jeudi, le député LR Julien Aubert, rapporteur d’une proposition de loi, s’est référé à Barbara Pompili comme « Madame le ministre ». Julien Aubert a pour habitude de ne pas féminiser les fonctions des unes et des autres. En 2014, il avait été sanctionné pour avoir persisté à appeler « Madame le président » une présidente de séance.

Cette habitude n’est pas vraiment au goût de la ministre de la Transition écologique qui n’a pas manqué de le faire savoir. « Je demande de manière très claire à être appelée Madame la ministre, et si Monsieur le député ne respecte pas cela, il sera appelé Monsieur la rapporteure », a-t-elle lancé.

La féminisation des rôles des femmes adoptée à l’Assemblée depuis 1998

La présidente de séance Annie Genevard (LR) a volé au secours de son collègue député, en faisant valoir que la formule « Madame le ministre » était « conforme à l’usage validé par l’Académie française », contrairement à « Monsieur la rapporteure », qui constitue selon elle une « provocation ».

Retour de balle : la députée Caroline Fiat (LFI) a rappelé que l’Assemblée avait opté en 1998 pour une « féminisation des rôles des femmes : madame la ministre, la présidente, la députée(r( » et a déploré le « comportement » de Julien Aubert. Et Mathilde Panot (LFI), elle aussi, de s’élever contre le « sexisme irresponsable » de certains élus.

« Certains hommes essayaient de ne pas me laisser parler »

Au lendemain de cette altercation, la ministre de la Transition écologique a déclaré sur Europe 1 qu’il y avait « encore du travail » pour faire progresser l’égalité femme/homme. « Je l’ai vu encore hier à l’Assemblée nationale, certains hommes, parce qu’ils n’étaient pas d’accord, essayaient de ne pas me laisser parler ».

D’autres échanges corsés ont animé cette séance jeudi sur le développement des éoliennes, que de nombreux élus de droite veulent freiner. Mme Genevard a ainsi vertement interpellé la ministre après une longue prise de parole : « vous êtes dotée d’un organe vocal, ma foi, supérieur à bien d’autres, ce n’est pas une raison pour en user et en abuser ».

Fréquemment prise à partie sur les bancs de droite, Barbara Pompili a répondu en ironisant : « je ne ferai aucune remarque sur les gens qui veulent se servir de leurs organes, et qui parfois ont des ambitions qui vont au-delà de leurs possibilités, ça peut arriver ». Et de conclure l’incident : « je vais essayer de rester sérieuse », parce qu’avec les éoliennes « on est sur un sujet sérieux ».