Présidentielle 2022 : Anne Hidalgo veut mêler baisse des taxes sur le carburant et écologie sociale

PROPOSITIONS La candidate estime « qu’on ne peut pas continuer à demander aux plus fragiles, aux plus modestes ou aux classes moyennes de payer le prix fort de la transition écologique »

20 Minutes avec AFP
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Anne Hidalgo en vélo dans les rues de Paris, le 21 juin 2020 (illustration).
Anne Hidalgo en vélo dans les rues de Paris, le 21 juin 2020 (illustration). — Jacques Witt

Dans sa course vers l’Elysée, Anne Hidalgo lance une nouvelle offensive pour tenter de fédérer sur son nom les écologistes et aussi, plus généralement, la gauche. La candidate PS à la présidentielle prône, dans un entretien mis en ligne mardi soir par Libération, une baisse de la taxe sur les carburants, disant vouloir insister sur une écologie « sociale ».

« C’est sans doute une différence avec les Verts, j’estime qu’on ne peut pas continuer à demander aux plus fragiles, aux plus modestes ou aux classes moyennes de payer le prix fort de la transition écologique », explique la maire de Paris en assurant que « la transition écologique ne se fera pas contre ceux qui, aujourd’hui, ne parviennent plus à boucler leurs fins de mois, parce que les loyers, l’énergie et les carburants augmentent mais pas leurs salaires ».

« Tourner la page des véhicules thermiques à partir de 2030 »

Alors comment y parvenir ? « En baissant les taxes sur le prix des carburants », répond la candidate. « Certains vont m’expliquer que ce n’est pas écologique. Au contraire : on a besoin de raccrocher les catégories populaires à cette transition. Onze millions de personnes ont besoin de leur voiture tous les jours pour aller travailler. Il faut les accompagner pour tourner la page des véhicules thermiques à partir de 2030 ».

Interrogée sur son image de candidate hostile à la voiture, Anne Hidalgo souligne en outre que « là où il n’y a pas de solution, on ne peut pas dire aux gens de ne pas prendre leur voiture ». « Il faut aider nos concitoyens, s’ils le peuvent, à aller vers les transports en commun. Cela signifie avoir un plan pour le ferroviaire et rouvrir des petites lignes. Cela veut dire investir avec les régions et les départements dans des équipements propres. Cela veut dire enfin accompagner massivement les Français dans l’achat de véhicules non polluants ».

Pour l’instant, Anne Hidalgo a encore du mal à décoller dans les sondages. Elle enregistre, selon les cas de figure, entre 5,5 % et 6 % des intentions de vote à la présidentielle d’après un sondage Ifop-Fiducial pour Le Figaro et LCI publié lundi. Elle est devancée à gauche par l’écologiste Yannick Jadot (8 à 9 %) et par le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon (7 à 8 %). Une convention organisée à Lille doit la désigner officiellement le 23 octobre.