Présidentielle 2022 : On a lu pour vous le livre du « citoyen engagé » Cyril Hanouna

ELECTION L’animateur veut ambiancer la campagne électorale en jouant le rôle de « médiateur » entre les citoyens et les politiques

Léa Ménard
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Cyril Hanouna en 2018.
Cyril Hanouna en 2018. — J.E.E/SIPA
  • Dans Ce que m’ont dit les Français, publié ce mercredi, l’animateur de TPMP ne cache pas son ambition de jouer un rôle central pendant la campagne
  • Cyril Hanouna souhaite faire de ses émissions les lieux de débat incontournables de la campagne, durant lesquel il promet de relayer « sans filtre » les questions des Français – en particulier des jeunes.
  • Il estime que le public est venu le « trouver » afin qu’il endosse ce « rôle de médiateur ».

Ne voyez pas en lui un candidat potentiel : s’engager enpolitique ne lui a « jamais, jamais effleuré l’esprit », jure-t-il. Dans un livre à paraître ce mercredi 6 octobre, Cyril Hanouna dévoile d’autres ambitions pour 2022. Avec TPMP et Balance ton post, suivies à chaque fois par des centaines de milliers de « fanzouzes », l’animateur souhaite faire dialoguer les candidats à la présidentielle avec ses  « chéris ».

Il faut dire que prendre le pouls des Français – en particulier des jeunes – est devenu le credo de Cyril Hanouna. Dans ce livre, opportunément intitulé Ce que m’ont dit les Français, qu’il signe avec l’éditorialiste Christophe Barbier, l’animateur revendique le « nouveau rôle » qu’il veut « jouer dans cette France en tension, celui de médiateur entre les "gilets jaunes" et le gouvernement ». Il en veut pour preuve la liste des sujets de société abordés au cours de ses émissions ces dernières années, des « violences policières » à l’épidémie de Covid-19, en passant par la « flambée du complotisme » et le « désarroi de la jeunesse ».

20 Minutes a passé au crible les confidences de Cyril Hanouna, « citoyen engagé derrière l’homme de divertissement ».

  • Faire de la présidentielle « le rendez-vous des vérités »

« Vous m’avez demandé de jouer le médiateur entre vous et les politiques. » Dès les premières pages, le ton est donné. L’auteur se positionne comme celui qui va répondre à une demande, celle de ses téléspectateurs, que les élus négligent et n’entendent pas. Plus loin, il explique que la campagne présidentielle doit être « le rendez-vous des vérités », au cours duquel il relaiera les questions des électeurs, et non celles des experts et éditorialistes. « Je le ferai en direct, sans filtre sur le plateau », promet le patron de la société de production H2O.

  • Il a vu les « gilets jaunes » avant tout le monde

Cyril Hanouna consacre un chapitre entier de son ouvrage aux « gilets jaunes ». Dès les premières lignes, il confie que plusieurs personnalités politiques lui ont dit : « Cyril, vous avez vu monter le mouvement des "gilets jaunes" avant nous, vous l’avez vu avant tout le monde. » Il nuance cette observation et estime qu’en réalité, il n’a pas vu un « mouvement » mais « des Français ».

  • Proche de Macron (mais pas trop)

Au fil des lignes, Cyril Hanouna se targue de relations nouées avec des personnalités politiques. Et de citer des échanges de SMS avec Emmanuel Macron, auquel il demande son avis sur certaines de ses émissions. « Et il me répond », se gargarise l’animateur. « Le président regarde beaucoup la télévision, il se tient au courant de ce qu’il s’y passe », assure-t-il.

Mais il « ne roule pour personne » et n’est en aucun cas « un sous-marin macroniste ». « Ce n’est pas parce qu’un défilé de ministres a égayé mes plateaux que je peux être assimilé à une officine liée au pouvoir, comme je l’entends ici ou là, notamment sur les ondes du service public. Toutes les oppositions ont leur place dans mes émissions. »

  • Parler de tout avec tout le monde… même avec les complotistes

« TPMP est ouvert à tout le monde, sauf aux cons », affirme Cyril Hanouna – c’est d’ailleurs le titre de l’un des chapitres. A propos des complotistes, il écrit qu’il ne veut « pas rejeter ces Français qui pensent autrement, sans les exploiter comme des bêtes de scène ». Donner la parole des personnalités très suivies sur les réseaux sociaux, « c’est considérer tous les autres ».

« Alors oui, j’ai été le premier à leur donner la parole, à considérer qu’il avait droit d’exprimer leur point de vue », justifie celui qui s’est vu reprocher de légitimer les propos de Fabrice di Vizio ou Jean-Marie Bigard, par exemple. « En fait, je me suis rendu compte que les complotistes, quand tu les laisses parler, tournent vite en rond, manquent d’argumentation. Ce sont des lanceurs de punchlines, pas plus. Ils ont une ou deux formules chocs et derrière, c’est creux. »

Face à ceux qui lui reprochent de relayer des « fake news » à une heure de grande audience, la réponse est toute trouvée : « Si mes émissions sur la pandémie et le complotisme n’ont servi qu’à [éviter un passage à l’acte des complotistes], comme une soupape sur la cocotte-minute des bouillonnements nationaux, j’en suis fier. »

  • Faire campagne contre l’abstention

« Je vais faire campagne pour la campagne », détaille-t-il, annonçant qu’il ira à la rencontre des Français au cours des prochains mois pour mener le combat « contre un ennemi : l’abstention ». Son livre serait ainsi la « première pierre » du pont qu’il veut bâtir « entre les jeunes, les classes populaires et l’isoloir ». Pour 2022, il n’aura qu’une boussole : ses près de six millions d’abonnés sur Twitter, qui valent, d’après lui, « tous les sondages du monde ».